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27 mars 1989 1 27 /03 /mars /1989 00:00

par Eliane Cousquer, Université de Lille Flandres Artois, France

Premier colloque international sur l'enseignement du français en Chine : Le français et le développement Pékin, 27 au 31 mars 1989

 

Publication des actes sous la direction de André Obadia aux éditions Presse de l'université Simon Fraser, Canada

 

 

Langue scientifique

Scientifiques. nous avons été confrontés aux problèmes de l'enseignement du français scientifique à des étudiants non francophones, Une première expérience à Lille avec un groupe d‘étudiants chinois en 1979 nous avait montré qu'on pouvait accélérer l'acquisition du français en utilisant les acquis scientifiques des étudiants dans leur propre langue. Afin de convaincre nos collègues linguistes qui enseignent le français à des étrangers, nous avons essayé de dégager quelques propriétés de la langue mathématique qui la distingue de la langue courante.

La langue mathématique est d’abord une langue écrite ; elle possède un noyau commun aux différentes langues : français. anglais. chinois. etc. Ce noyau est constitue par le contenu scientifique bien entendu, mais également par la forme du discours, définitions, démonstrations, théorèmes et par l'emploi d'un symbolisme universel : nombres, signes opératoires, quantificateurs. etc. Nous proposions d'utiliser ce noyau commun pour permettre aux étudiants, avec des leçons adaptées, de pouvoir très vite exprimer en français les connaissances qu’ils avaient acquises dans leur propre langue. Notre hypothèse était donc la suivante : i1 est possible d'utiliser les connaissances scientifiques des étudiants pour accélérer leur apprentissage du français, ce qui correspond d'ailleurs à une pratique courante chez les mathématiciens qui arrivent rapidement à lire des textes dans une langue étrangère.

Cours de français à usage mathématique

Lors d’un séjour de trois ans à l’Université de Wuhan en République Populaire de Chine, nous avons mis au point cette méthode et obtenu, sur 1e plan de l'enseignement du français au département de mathématiques, un succès qui a dépassé ce que nous espérions. La première année, nous avons enseigné à la fois le français et le français scientifique, puis les sciences au second semestre. Cette expérience nous a donné une certaine familiarité avec les méthodes d‘enseignement du français. Nous avons partagé le temps d'enseignement du français entre environ soixante-quinze à quatre-vingts pour cent du temps consacré au français fondamental, le reste de vingt à vingt-cinq pour cent du temps consacré au français scientifique. Nous avons suivi dans le cours de français scientifique une progression parallèle à celle du français fondamental ; une notion vue dans l’un des cours était utilisée dans l’autre, ceci dans les deux sens. Toutefois, ceci nous a conduit à utiliser dès le début des documents écrits du type de ceux qu’on utilise dans les cours de mathématiques. Ces documents ont, pendant les deux années suivantes, été mis au point avec l’aide du professeur de français avec l’objectif d’obtenir un cours utilisable par des professeurs de formation purement littéraire. Cette méthode permet ensuite de commencer des cours de sciences plus tôt, la pratique de la langue française en cours de sciences accélère 1'apprentissage du français.

Problèmes avec la linguistique

Dans nos contacts avec des linguistes, si nous avons rencontré un soutien chaleureux de la part de nos collègues engagés dans l'enseignement du français aux étrangers, nous avons pu constater que ces problèmes intéressent peu les linguistes théoriciens. Aujourd’hui, il nous semble que nous comprenons mieux les raisons de ce désintérêt : les linguistes opèrent une coupure dans le discours mathématique entre les parties exprimées en langage vernaculaire qui pour eux relèvent de la langue (et donc de la linguistique) et les parties utilisant des symboles qui pour eux relèvent d'un simple codage (et sont donc extra linguistiques). D‘autre part. ils accordent une priorité à l’oral sur l’écrit, (alors que la langue scientifique est d'abord une langue écrite, l’écrit étant plus précis que l’oral). Ce point de vue perd complètement le sens et l'unité du langage scientifique ou l'on passe constamment d'un discours formalisé à des commentaires en langue vernaculaire et vice versa.

Aujourd’hui, nous retrouvons cette question de la définition de la langue par les linguistes à propos d'un travail totalement différent sur la langue chinoise, pour la réalisation d'un lexique de mathématique français-anglais-chinois. Nous avons cherché à mieux comprendre les propriétés de la langue chinoise et nous constatons qu’un certain nombre de principes de base de la linguistique ne s’app1iquent pas à cette langue. Scientifiques autodidactes en linguistique, sommes nous fondés à avancer une telle affirmation ? Nous avons rassemblé sous forme d'un dossier les éléments qui nous permettent de le dire, afin que chacun, scientifique, sinologue ou linguiste théoricien puisse en juger par lui-même. Ce dossier "Langues et Mathématiques" peut être demandé à notre laboratoire. Nous résumons donc ici les points essentiels de ce dossier.

 

La langue chinoise

L'écriture chinoise n'est pas une écriture phonétique, Les signes graphiques, les caractères, traduisent non la prononciation, mais le sens des termes. Initialement. beaucoup de caractères étaient des pictogrammes. Aujourd’hui, plus de quatre-vingts pour cent des caractères sont des idéo-phonogrammes, où une partie du dessin évoque le sens du caractère et une partie la prononciation. Les caractères chinois ont servi, au cours de l'histoire, à transcrire des langues aussi différentes que le coréen, le japonais, le vietnamien. en plus de diverses langues chinoises orales. Depuis des millénaires, la langue chinoise écrite sert d’unificateur linguistique à un ensemble constitué du pékinois, du shanghaien, du cantonais, etc.

Débats

Au cours de 1'histoire, les débats concernant la langue chinoise ont été particulièrement vifs. Un de ces débats a porté sur le caractère monosyllabique ou non de cette langue. En fait la langue littéraire classique est une langue extrêmement concise, monosyllabique ; les poèmes sont inintelligibles en dehors du texte écrit, en raison du grand nombre de caractères homophones. La langue écrite actuelle comporte une majorité de mots formés de plusieurs caractères. Ces mots ne sont pas délimités dans le texte écrit mais seulement par 1’usage. Mis à part une minorité de mots d‘origine étrangère qui sont transcrits phonétiquement, la majorité des mots est constituée sur une base sémantique. Un concept en chinois est analysé à l'aide de sèmes correspondant aux caractères. Ces caractères sont associés suivant des règles grammaticales pour donner des mots. Ceci explique l'hésitation des linguistes chinois pour délimiter les mots qui ne se distinguent que par l’usage des fragments de discours.

En France. beaucoup d'idées erronées sur la langue chinoise ont cours, y compris parmi les linguistes, en ce qui concerne le nombre des caractères par exemple. Il ne faut pas confondre l'ensemble des caractères ayant existé à un moment ou un autre dans l‘histoire (60 000 caractères environ) avec l‘ensemble des caractères nécessaires à l'époque actuelle pour transcrire tout ce que le langage parlé peut exprimer. Aujourd‘hui, 7 000 caractères figurent dans les listes officielles de normalisation les plus récentes ; le code informatique chinois comporte 6763 caractères, sur ces caractères, 3 000 suffisent pour plus de quatre-vingt quinze pour cent des textes.

 

Sémantique

Au cours du travail de vérification de notre lexique, nous nous sommes aperçus qu‘il était possible à un français. ne possédant qu'une connaissance limitée de la langue chinoise, de retrouver des erreurs de traduction en s'appuyant sur le sens des caractères. En quelque sorte, un mot chinois est un condensé de sa définition. Un certain nombre d'expériences que nous avons faites montré que le sens est en chinois accessible à des traitements de type algorithmique. Ceci n’est pas propre à la langue mathématique chinoise : un dictionnaire général de 60 000 termes classés suivant « l'ordre inverse » présente (à plus de quatre-vingt dix pour cent) les mots groupés par familles apparentées par le sens. La langue chinoise est, à notre connaissance, la plus proche de ce qui pourrait être une langue sémantique et que nous recherchons sous différentes formes : langue universelle de Leibniz, structure profonde des analyses linguistiques, langue pivot de certains programmes de traduction automatique.

D'une façon générale, on peut dire que le problème d‘une langue idéographique comme le chinois n‘est pas posé par la linguistique. Une opinion courante présente les langues idéographiques comme un stade dépassé devant inéluctablement laisser place à une langue phonétique, le phonétisme étant plus efficace et plus économique. Le raisonnement part toujours du postulat suivant : une langue idéographique ne peut, sans une explosion du nombre de signes employés, exprimer toute l'expérience humaine. L‘existence même de la langue chinoise et de la littérature chinoise depuis plusieurs millénaires prouve le contraire. Il nous faut nous interroger sur les bases de la linguistique qui est à l‘heure actuelle incapable de rendre compte de la langue la plus importante du monde par le nombre de ses locuteurs. Nous allons examiner un certain nombre de principes de base de la linguistique qui ne s’appliquent pas au chinois, ni pour certains, a la langue scientifique.

 

Principes de base de la linguistique

 

Priorité à l'oral

"Les signes du langage humain sont en priorité vocaux. Le linguiste fait par principe abstraction des faits de graphie" (Martinet, 1967). Ce principe de priorité à l'oral peut s‘expliquer pour des langues phonétiques comme les langues indo-européennes, où 1'écrit est un reflet plus ou moins proche de 1'oral, mais il n'a aucun sens pour une langue comme le chinois où l'écrit est indépendant de l‘ora1. Même s’i1 peut s'expliquer pour nos langues, ce principe est déjà contestable. Pour la langue scientifique, où l’écrit est plus précis et efficace que l’oral, cela conduit à une incompréhension totale.

L'arbitraire du signe

Un des apports de Saussure (1972) a été son analyse du langage en tant que système de signes. Saussure voit dans le “signe”, l'association de deux éléments, un signifiant et un signifié. De ces deux éléments, seul le signifiant est susceptible d'une description objective, expérimentalement reproductible : décomposition en phonèmes (oral) ou en lettres (écrit). Par contre, le signifié n’est pas accessible ; il n'y a pas de lien direct entre le sens et le signifiant. Saussure postule que rien dans le signe, dans la forme de l'expression, ne la relie à son sens. C'est ce qu‘i1 appelle « 1‘arbitraire du signe ». Cette description s‘applique aux langues phonétiques. Par contre, en chinois, le signe écrit note le sens et n’est pas relié à une expression phonétique décomposable en phonèmes ou en lettres. Mais ce signe n’est pas arbitraire. Toutes les explications historiques ou autres sur les caractères ont précisément pour objet de relier la forme graphique au sens de l'expression concernée. 

La double articulation du langage

D‘après Martinet (1967), il s‘agit d'une propriété caractéristique des langues humaines. La première articulation est la décomposition en une suite d‘unités douées d'une forme vocale et d'un sens : les mots d'une langue, La deuxième articulation est la décomposition de ces mots en unités phonétiques, les phonèmes, en nombre limité pour chaque langue.

Cette propriété des langues explique pourquoi les symboles mathématiques ne relèvent pas de l‘analyse linguistique. Ce sont des unités douées d'un sens, que 1'on ne peut pas décomposer en unités plus petites, en phonèmes (ou en lettres) . Mais on peut dire exactement la même chose des caractères chinois qui ne relèvent donc pas de la linguistique telle qu'elle est aujourd'hui constituée Les caractères chinois sont des unités significatives minimales, non décomposables en lettres. puisqu'il s’agit de symboles graphiques.

En fait. la définition de la langue donnée par les linguistes a été élaborée en érigeant en modèle universel des caractéristiques des langues phonétiques. Certaines « évidences » ne sont valables que pour des locuteurs des langues indo-européennes, ou du moins phonétiques. Leur modèle de langue est donc beaucoup trop limité. ll exclut une langue comme le chinois et ne permet pas de rendre compte de la langue scientifique.

 

Une définition plus générale des langues

Nous avons utilisé la généralisation de la double articulation du langage, proposée par un philosophe G. Granger (1968) dans ses travaux sur la langue scientifique et montré qu'une telle généralisation conviendrait pour le chinois. I1 est possible de réviser les principes de base de la linguistique pour permettre qu'el1e soit effectivement l‘étude de toutes les langues humaines et non celle des seules langues phonétiques. Tout semble se passer comme si l'humanité avait élaboré deux types de systèmes linguistiques différents où, dans l’un, l'écrit note la prononciation et dans l'autre, l'écrit note le sens. Ces deux systèmes peuvent coexister au sein d'une même langue comme le montre le japonais, ou la langue mathématique en français par exemple. Le système des symboles mathématiques n'est autre en effet au niveau linguistique qu'un système idéographique. La dualité entre phonétisme et système idéographique est interne à la langue mathématique nous passons constamment d'un système à l’autre en passant du discours formel au commentaire non formalisé.

Ces deux systèmes ont tous deux des avantages et des inconvénients : i1 n'y a pas de relations de supériorité ou d'infériorité entre eux. Dans l'un de ces systèmes, la phonétique est reliée à l'écriture mais la sémantique est très difficile. Dans l'autre, la sémantique semble aisée mais l‘écriture n'a pas de lien avec la prononciation. Ne peut-on tirer partie de cette dualité pour en exploiter les richesses et les potentialités ?

Un certain nombre de principes fondamentaux de la linguistique ne s‘appliquent donc pas a la langue chinoise, du mois tels qu‘i1s sont formulés actue1lement. On peut trouver une preuve de ces limites de la linguistique dans 1`incompréhension de la langue chinoise par les linguistes occidentaux. Nous avons en prenant des extraits de textes dans des livres de grande diffusion. montré ces erreurs ou contresens sur la langue chinoise. Nous avons donc constitué un deuxième dossier intitulé " Linguistique et langue chinoise". Ce dossier n’est pas une étude historique des rapports entre linguistique et langue chinoise. Il s'agit plutôt de points de repères pour cerner un malentendu.

 

La typologie des langues

A la fin du siècle dernier, à la suite de la découverte du sanscrit et de la reconnaissance de sa parenté avec des langues européennes, les linguistes cherchèrent à classer les langues suivant la forme de leurs mots. ce qui les conduisit à imaginer une évolution historique des langues en fonction de la forme de leurs mots. Dans cette classification. la langue chinoise considérée comme monosyllabique isolante appartenait aux premiers stades de l'évolution des langues, avant le stade agglutinant puis flexionnel. Les langues européennes flexionnelles représentant, bien entendu. le stade le plus avancé. Le problème. c‘est que cette typologie. bien qu'elle soit reconnue fausse par les linguistes, est encore largement répandue à l'heure actuelle.

 

La priorité à l‘oral

Afin qu’il n'y ait pas de malentendu. Il faut revenir sur les origines précises dans l'oeuvre de Saussure de cette priorité accordée à l’ora1 pour la placer dans le contexte de l'époque. Son point de vue sur la langue chinoise est très intéressant et l'amène à conclure qu'il borne son étude au système phonétique, spécialement à celui dont le prototype est l'alphabet grec. Saussure était donc conscient des limites de la linguistique qu’il élaborait et dont on a fait après sa mort un modèle universel. Il faut préciser le contexte dans lequel Saussure a élaboré cette thèse de la priorité à l’oral pour voir qu‘il s‘y mèle un vieux débat sur l'antériorité ou non de la langue écrite sur la langue orale. Aujourd’hui il ne fait guère de doute que dans la longue préhistoire de l'humanité. l'oral a précédé l'écrit et ce débat est tranché. En mettant l'accent sur l’oral, les thèses de Saussure et des linguistes du vingtième siècle ont mis fin aux préjugés tenaces contre les langues de tradition orale.

Cependant, nous constatons qu’une vision dogmatique de ces thèses a constitué un blocage pour la compréhension d‘un système linguistique comme le chinois. Au cours du vingtième siècle, on voit la diffusion d'une thèse sur la supériorité de l'écriture alphabétique, thèse qui s'appuie sur cette priorité à l'oral. Implicitement, quand on ne l‘écrit pas explicitement, on suppose différents stades historiques, passages d’une écriture pictographique a une écriture idéographique, puis à une écriture phonétique. Après la typologie des langues, on développe la typologie des écritures... Encore une fois, l’écriture chinoise se retrouve parmi celle des langues arriérées. On considère les systèmes idéographiques comme des systèmes n‘ayant pas su évoluer vers des systèmes alphabétiques.

Schéma tripolaire

Au terme de cette étude, nous pensons qu'un schéma tripolaire signifié-signifiant-graphie est beaucoup plus juste que le schéma bipolaire signifié-signifiant de Saussure. Ceci, non seulement pour le chinois, mais aussi pour toutes les langues de tradition écrite. Pour le chinois, un tel schéma s'impose, avec de plus la possibilité de signifiants différents suivant les différentes langues orales. L'autonomie relative signifié - graphie par rapport aux différentes langues orales explique que cette langue graphique réalise 1’unité linguistique d’un ensemble de langues orales distinctes. Pour conclure cette partie consacrée à la priorité à l’oral dans la linguistique actuelle, nous proposons de revenir sur l'importance de l'écrit sans, bien sûr nier les acquis de ces dernières années.

A partir de textes de linguistes très connus, nous illustrons un certain nombre de contresens sur la langue chinoise. L'écriture chinoise n'est pas une écriture syllabique. La langue chinoise possède une grammaire. Par rapport à d'autres langues, la langue chinoise semble être celle où le vocabulaire est le plus motivé.

 

Le principe d'isomorphisme en chinois

Le lexique chinois est très structuré Nous pensons que cela est dû à une propriété importante de la langue chinoise que nous présentons à partir des travaux faits par des sémanticiens occidentaux.

Différentes tentatives ont été faites par les linguistes pour structurer le lexique, D‘abord en utilisant des champs sémantiques, ils ont montre que le lexique pouvait être structuré localement. Une tentative différente a été faite par Hjelmslev (1943) qui a postulé l'existence d’unités significatives, plus petites que les monèmes dégagés par analyse morphologique, qu'i1 a appelé traits. Suite à ces analyses, Hjelmslev postule une deuxième articulation du langage au niveau sémantique cette fois. On appelle principe d‘isomorphisme ce parallélisme entre deux doubles décompositions, phonétique et sémantique. Nous montrons que la décomposition de la langue chinoise écrite à l'aide de caractères correspond à cette décomposition en trait des sémanticiens. D‘autre part, en chinois, le principe d'isomorphisme parait vérifié. Les conséquences pratiques peuvent être importantes. Nous pourrions analyser la façon dont la langue chinoise décompose les mots en unités sémantiques, les caractères. Très rationnel pour la langue scientifique, ce découpage est lié à toute l’histoire et la civilisation chinoise. Nous pourrions en tirer des principes qui nous apprendraient à élaborer une langue sémantique, langue qui pourrait jouer le rôle de pivot pour des programmes de traduction automatique. Nous avons la conviction que l’étude de ce point de vue de la langue chinoise peut nous apprendre beaucoup.

 

Conclusion

Notre conclusion sera un appel. Dans un monde dominé par la langue anglo-américaine, nous pensons que la défense par chaque peuple de sa langue est essentielle a son existence. La langue française et la langue chinoise ont toutes deux connu au cours de l'histoire un grand rayonnement. Aujourd'hui les échanges entre nos deux peuples pourraient être beaucoup plus développés, tant sur les plans économiques que culturels. Nous souhaitons voir mis en place un programme pour faciliter ces échanges par la réalisation de lexiques bilingues. actuellement en nombre insuffisant, dans les domaines scientifiques et techniques, ainsi que par l‘étude et la mise au point de programmes de traduction opérationnels entre nos deux langues. Différents dictionnaires et lexiques bilingues français chinois sont terminés ou en cours de réalisation en France (agriculture, physique, nucléaire, mathématique, dictionnaire général). Il serait souhaitable que se développe une concertation entre équipes françaises et chinoises engagées dans l’étude des problèmes de traduction assistée français – chinois et chinois - français ainsi que dans l'élaboration de dictionnaires et lexiques bilingues. Cela permettrait d‘éviter la dispersion des efforts. Si nous sommes convaincus que le français est une langue de développement, nous sommes également persuadés que la langue chinoise. qui a plusieurs millénaires d'histoire, va connaître, avec la solution d’un certain nombre de problèmes techniques grâce au développement de l'informatique. une nouvelle jeunesse. Elle possède des propriétés tout à fait remarquables au niveau sémantique. Notre langue est réputée pour sa rigueur et sa précision. Un programme d'étude conjoint sera certainement très fécond. Ainsi, nous pourrions appuyer mutuellement nos efforts pour la défense de nos langues respectives.

 

Références

 

Cousquer, A. et E. {1988). L'informatisation du chinois. L‘écriture chinoise. Revue de l'AFCET

Cousquer, A. et E. {1988). Informatique et vocabulaire scientifique chinois. Cahiers de Linguistique d'Asie Orientale (EHESS).

Cousquer, A. et E. ; Maiffredy. B. et Vieux, D. (1983). Cours de français à usage mathématique. Université de Wuhan.

Granger, G. (1968). Essai d'une philosophie du style. France : A. Colin.

Hagège. C. (1987). L'homme de paroles. France : Folio.

Hjelmslev (1943). Prolégomènes d une théorie du langage. France : Editions de Minuit.

Hjelmslev (1954). La stratification du langage. Word, n° 1, 2.

Martinet, A. (1967). Eléments de linguistique générale. France : A. Colin.

Mounin, G. [1963]. Les problèmes théoriques de la traduction. France : Tel Gallimard

Saussure. F. de (1972). Cours de linguistique générale. Paris : Payot.

 

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Published by Eliane Cousquer - dans langue et mathématiques
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