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1 avril 1984 7 01 /04 /avril /1984 00:00

par É et A Cousquer : Une expérience de coopération franco-chinoise en mathématiques: la classe sino-française de Wuhan, (15 pages), dans "`La gazette des mathématiciens" Société mathématique de France, numéro 24, avril 1984.

 

Depuis trois ans, une expérience de coopération universitaire franco-chinoise se déroule à l'Université de Wuhan (République populaire de Chine). Dans cet article, nous allons essayer de présenter le cadre, les objectifs et les perspectives de cette coopération dans le domaine des mathématiques.

HISTOIRE

L'histoire des mathématiques chinoises est une longue histoire, qu'il n'est évidemment pas question de retracer ici en détail ; la première rencontre entre les mathématiques occidentales (par exemple, l'axiomatique d'Euclide qui était alors inconnue en Chine) et les mathématiques chinoises eut lieu au l7éme siècle. Ce fut grâce aux Jésuites présents à la cour des Mings, puis des Qings, Jésuites qui avaient alors la direction de l'0bservatoire de Pékin. Ces contacts restèrent cependant faibles, et diminuèrent même jusqu'au milieu du I9éme siècle ; on peut dater de cette époque (fin de la "guerre de l'opium"), l'introduction des mathématiques post - newtoniennes en Chine.

Avant I949, dans l'enseignement secondaire et les universités, l'enseignement des mathématiques était d'un niveau relativement bon ; il ne s'adressait cependant qu'à une élite extrêmement restreinte : il faut se souvenir que plus de 80 % de la population était analphabète.

Une première transformation eut lieu en 1952, avec l'introduction des programmes soviétiques dans l‘enseignement secondaire et supérieur, et la traduction massive, en chinois, des manuels correspondants. Bien que cette réforme ait posé quelques problèmes (qui subsistent aujourd'hui encore), ce fut pour le système éducatif chinois l'occasion d'une progression constante importante, en qualité et surtout en quantité. Ces programmes et manuels furent modifiés une première fois au début des années 60, à la suite des critiques dont ils étaient l'objet sur la coupure entre théorie et pratique. Ils devaient disparaître en 1966 dans la vague de la révolution culturelle qui ferma les universités pour cinq ans ; ré-ouvertes en l971, celles-ci fonctionnèrent tant bien que mal (et plutôt mal que bien), dans la plus grande dispersion, jusqu'en I977. La décision fut prise cette année-là, d'en revenir au système antérieur, c'est-à-dire, en particulier, aux programmes des années 50.

Telle était, en gros, la situation générale de l'enseignement des mathématiques à Wuhan, quand furent signés, en mai 1980, les accords gouvernementaux qui établissaient la coopération scientifique franco-chinoise à Wuhan.

 

LES OBJECTIFS INITIAUX DES ACCORDS DE l980

Cette coopération scientifique s‘articulait à l'origine autour de deux axes :

  •  la préparation et l'envoi en France, dans des équipes de recherche, de jeunes chercheurs et enseignants de l'université de Wuhan.
  • la mise sur pied d'une filière d'enseignement entièrement nouvelle en mathématiques, filière s'adressant à des étudiants entrant à l'université et basée sur les programmes et méthodes de l'enseignement supérieur français, en particulier ceux des classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques.

Du côté français, la coopération franco-chinoise, comme du reste la coopération culturelle, scientifique ou technique avec le tiers-monde, relève d'une double préoccupation : d'une part, une conception de l'aide considérée, dans un monde d'inégalités croissantes entre nations, comme un facteur de stabilité et d'équilibre sinon de justice, et d'autre part un moyen pour la France, face à la concurrence sur le marché mondial des autres pays industrialises, d'y affirmer sa présence en faisant jouer ses points forts : la langue, qui reste encore aujourd'hui une clé dans de nombreux pays, et une recherche scientifique et technologique qui se place dans les premiers rangs du monde.

Du côte chinois, l'objectif était de moderniser l'enseignement supérieur dans ses programmes et ses méthodes, de former rapidement ou de recycler de jeunes enseignants et de rétablir ou de développer des échanges scientifiques avec les universités ou centres de recherche français.

A la différence de la réforme de l952, où la transformation fut rapide et générale, la méthode choisie cette fois-ci est beaucoup plus pragmatique : il s'agit d'étudier diverses expériences étrangères (Etats-Unis, Japon, Allemagne fédérale, France, etc...) et, au besoin, d'expérimenter sur place, à petite échelle, les résultats obtenus. A l'issue de cette période d'étude et d'expérimentation, de cinq à dix ans, ces diverses expériences doivent fournir aux responsables chinois les éléments de comparaison et d'appréciation nécessaires à la rénovation, à l'échelon national, de l'enseignement supérieur scientifique. A ce titre, l'expérience française des vingt dernières années est doublement intéressante.

La France s'est trouvée confrontée, en effet, au cours de cette période, à deux types de problèmes similaires à ceux que la Chine affronte aujourd'hui :

  • d'une part, la nécessité de recruter et de former un grand nombre de mathématiciens pour faire face à l'augmentation massive du nombre d'étudiants, augmentation correspondant à l'arrivée dans le système universitaire des classes d'âge de l'après-guerre ;
  • enfin, 1'obligation de recycler un nombre assez important de professeurs du secondaire pour assurer l'enseignement des nouveaux programmes, obligation qui se matérialisa par la création des IREM dans chaque académie.

Le bilan de ces expériences dans ce qu'il pouvait avoir de positif comme de négatif intéressait au plus haut point nos collègues chinois.

 

LES PROBLÈMES RENCONTRÉS

Une première promotion de 40 étudiants fut donc recrutée à la rentrée l980, promotion qui est arrivée en septembre l983 en année de licence. Les problèmes rencontrés pour la mise en route de cette classe étaient nombreux et divers : les problèmes d'apprentissage de la langue, de liaison avec des connaissances acquises par les étudiants dans le secondaire, les différences de conception ou les particularités de fonctionnement des systèmes universitaires français et chinois, les problèmes matériels enfin.

Les problèmes de langue, d'abord : il fallait, en un temps assez court (un an) que les étudiants arrivent à suivre les cours donnés en français dans les disciplines scientifiques. Pour qui connaît, en France, les problèmes posés par les étudiants étrangers non francophones lors de leur première année scientifique, après un an d'étude du français fondamental, il y a là un obstacle non négligeable au succès d'une telle expérience. Ces difficultés proviennent essentiellement du fait qu'il n'y a pas, pour ces étudiants étrangers, d'enseignement du français scientifique ou technique qu'ils vont devoir utiliser dès leur entrée à l'université ; la nécessité d'un enseignement du français scientifique, parallèlement à l'enseignement du français fondamental, s'imposait donc. Dans le cas des mathématiques (mais ceci peut s'étendre à d'autres disciplines, car le type de langage utilisé en mathématiques est largement utilisé dans d'autres sciences), cet enseignement peut commencer très tôt : notre expérience montre qu'après un mois de français fondamental, il est possible de démarrer parallèlement l'étude du français scientifique. (Après un mois à 16 h hebdomadaires de français fondamental (F.F.), nous avons ainsi 12 h de français fondamental et 4 h de français scientifique tout au long de la première année en l982-83 pour la deuxième promotion.)

 

Le problème des connaissances acquises dans le secondaire chinois : en l980, la durée des études dans l'enseignement secondaire chinois était de cinq ans, succédant à cinq ans d'enseignement primaire, soit dix ans au total contre douze en France. La sélection sévère à l‘entrée de 1'université, sélection qui était renforcée dans le cas de cette classe, si elle nous assurait de bons étudiants potentiels, ne pouvait suppléer aux lacunes ou différences par rapport aux programmes de 1'enseignement secondaire français. Il fallait donc organiser une sorte d'année raccord scientifique, parallèlement à l'année linguistique. Les différences les plus importantes se situent en mathématiques, les programmes de physique et de chimie du secondaire chinois ne posant pas de gros problèmes de raccordement avec les programmes français, même si l'esprit en est assez différent. Par contre, nous avons constaté que l'enseignement de la physique et de la chimie nécessite une maîtrise de la langue supérieure à celle qu'exigent les mathématiques. Six heures de cours hebdomadaires de mathématiques furent donc donnés la première année pour effectuer cette mise à niveau ; ces cours furent donnés en chinois au premier semestre par des professeurs chinois, et en français, partiellement, dès le second semestre. Le contenu de cet enseignement reprenait d’ailleurs en partie les programmes de la première année de mathématiques de l'université chinoise, ce qui devait faciliter les ré-orientations éventuelles à l'issue de la première année linguistique. De même au 2eme semestre, 2 h de physique, 2 h de chimie en français préparèrent au point de vue linguistique la classe de math-sup.

 

---La question du choix des programmes et des méthodes.

Il fallait concilier des exigences parfois contradictoires sans pour autant dénaturer la spécificité "française" de l'expérience : ainsi, la spécialisation et le cloisonnement extrêmement poussés des divers départements de l'université étaient en contradiction avec l'esprit pluridisciplinaire que nous voulions maintenir dans le premier cycle de cette classe expérimentale ; si nos collègues du département de mathématiques se retrouvèrent assez vite d'accord avec nous sur ce point, ce n'est qu'après deux ans (et les premiers succès de l'expérience...) que ce point de vue commencera à être accepté par d'autres départements de l'université.

D'autres difficultés étaient inhérentes aux habitudes scolaires chinoises comme par exemple le rôle extrêmement important des manuels qui eut une influence directe à la fois sur les programmes contrairement à nos habitudes françaises. Une autre différence fondamentale, qui aura une influence directe à la fois sur les programmes et les méthodes choisies porte sur la notion d'échec au cours des études : alors qu'en France, un taux de 60 % de réussite à un examen est considéré comme "normal" (un taux supérieur à 80 % est considéré soit comme une preuve de laxisme du professeur, soit comme un signe de bas niveau du cours...), un même taux de 60 % (voire 80 %) est considéré en Chine comme un échec de l'enseignement et 1'échec ne doit rester qu'exceptionnel. La sélection draconienne à l'entrée combinée à l'acharnement au travail de nos étudiants nous ont persuadés de la justesse de ce point de vue ; du coup nous nous sommes posés quelques questions sur la facilité avec laquelle nous acceptons une telle élimination par l'échec en France.

 

Les difficultés matérielles.

Elles sont dues aussi bien à la rapidité de mise en application des accords — trois mois entre la signature et le début de l'année universitaire, ce qui doit constituer un record en la matière ! — qu'au dénuement matériel des universités chinoises (ce qui est le cas général des pays du Tiers—Monde) ou aux mauvaises conditions de vie de nos étudiants : nous avons dû quelquefois ralentir le rythme des cours à cause des risques que cela pouvait entraîner pour la santé des étudiants ; certaines maladies (hépatites) favorisées par une alimentation déficiente, en qualité, la surpopulation des logements étudiants (à 4 dans une toute petite chambre) et les conditions climatiques locales (avec un hiver froid, comme à de décembre à Février, avec absence totale de chauffage,été très chaud et humide), sévissent à 1'état endémique dans l'université.

C'est dans ces conditions qu'allait débuter, en septembre I980, la classe expérimentale de mathématiques.

 

LA CLASSE EXPERIMENTALE : SEPTEMBRE I980/JUIN l983

 

Le choix des programmes et méthodes : les programmes et méthodes de cette classe furent définis dès la première année, au moins en ce qui concerne le premier cycle, à l'occasion d'une mission effectuée par J. Dhombres en nov.-déc. l980 :

"La filière actuelle doit s'étendre sur cinq ans et comporter, essentiellement, en première année préparatoire, un enseignement de la langue française avec quelques cours scientifiques de mise à niveau (...). La filière créée, de 4 ans en dehors de l'année initiale d'apprentissage du français, suit l'orientation française en matière de pédagogie. L'esprit qui la façonne en ses deux premières années est la forme de travail des classes préparatoires aux Grandes Ecoles : c'est-à-dire des cours alternés avec des exercices et interrogations orales hebdomadaires etc... Cependant, le programme ambitionne une vue un peu plus large, celle calquée sur les Deug universitaires français les mieux dotés.

Au terme de trois ans, non compris l'année initiale, les acquis minimaux des étudiants doivent correspondre à la classe de mathématiques Spéciales la plus développée en mathématiques. Il est fort possible que l'on puisse atteindre, notamment en mathématiques, un niveau de connaissances supérieur, mais il est trop tôt pour être assuré d'un tel résultat (...).

Les deux premières années sont pluridisciplinaires : Mathématiques, Informatique, Mécanique, Physique, Chimie, français. Cependant, l'accent est d'abord mis sur les mathématiques (...).

Le principe directeur de la classe expérimentale doit être d'assurer en trois ans un maximum d'étudiants au niveau requis (...). Cependant, selon la procédure chinoise, les échecs en cours de route doivent être extrêmement rares,(...) et c'est, pour cette raison qu'on établit la détermination du niveau réel sur trois ans (...)".

 

Disons tout de suite que le déroulement des études a suivi pratiquement le programme projeté en 1980, la seule modification résidant dans le temps mis pour atteindre le niveau d'un bon premier cycle français : deux ans au lieu des trois années prévues à l'origine. Ceci est à mettre à l'actif non seulement de la valeur des étudiants qui avaient été sélectionnés, mais aussi et surtout du travail remarquable qu'ils ont fourni durant ces trois premières années, dans des conditions matérielles qui font notre admiration.

Pendant ces deux années, les professeurs chinois et français sont intervenus "en alternance" dans cette classe, assurant ainsi un bilinguisme total à l'enseignement. En mathématiques, chaque semaine, un étudiant avait un TD en français et un en chinois, alternativement en analyse et en algèbre. Certains cours ont été donnés en chinois (analyse l en math. sup.) par les professeurs chinois, les autres en français, par les professeurs français. Ceci a nécessité une coordination relativement étroite entre les divers intervenants dans une matière, coordination qui fut source d'enrichissement mutuel et d'amitiés durables.

 

Les résultats

Sur les 40 étudiants recrutés à l'origine (oct. 1980), trois n'ont pas pu passer dans la première année scientifique, dont deux à cause de la langue ; un quatrième, malade, a dû prendre un an de repos. Ces étudiants ont d'ailleurs rejoint le cursus chinois de mathématiques sans problème.

Les 36 étudiants restants se sont présentés à l'examen de Deug 2éme année en Juin l983. Deux ont été ajournés à Septembre.

En fin de "Math Sup", les résultats ont été les suivants :

8 mention TB dont une avec une moyenne supérieure à 18

I2 mention B

I0 mention AB

6 mention Passable. ·

Aucun échec en juin l982 et cela avec des problèmes tirés des examens des universités françaises et un barème équivalent à celui que nous aurions appliqué en France.

En juin 1983, sur des sujets de Deug d'Orsay, en Physique, un problème de concours (ENSAE) en algèbre, un problème de Deug en analyse, les résultats ont été les suivants :

4 mention TB

9 mention B

l2 mention AB

7 mention Passable

2 ajournés à Septembre.

Les projets et développements immédiats pour 1'avenir de cette expérience sont un autre signe de ce succès initial, et surtout, ce qui est sans doute le plus important, de son acceptation et de son intégration au sein de l'université, intégration qui n'était pas acquise d'avance : cette expérience n'a pas que des partisans, et ceci est valable aussi bien pour la Chine que pour la France. (Nous avons encore aux oreilles cette question d'un responsable de la DRUI de passage : "Qu'est ce que ça rapporte au contribuable français, votre expérience ?").

Ces développements sont les suivants :

  • Une promotion de 20 étudiants a été recrutée à la rentrée 1982. 18 étudiants rentrent en septembre 1983 en Math. Sup.
  • Une nouvelle promotion de 40 étudiants est recrutée en septembre 1983. Ce premier cycle pluridisciplinaire devrait être maintenant ouvert quant aux débouchés vers des départements autres que mathématique (Physique, Physique Spatiale, Chimie, Informatique) pour environ la moitié de la promotion. A partir de cette nouvelle promotion, l'enseignement scientifique du premier cycle devra être pour l'essentiel assuré par des professeurs chinois, les français n'intervenant en langue ou en sciences que pour maintenir le caractère francophone de cette classe. Pour la première promotion, un quart seulement fut orienté en dehors des mathématiques et le choix fut fait d'un envoi en France car il était impossible d'envisager d'autres solutions.
  • 10 étudiants de la première promotion sont à l'heure actuelle en France pour faire un second cycle ;

4 en Physique (2 à Orsay, 2 à Grenoble)

3 en Chimie (Orsay)

l en Informatique (à Nantes), 2 en Miage (Paris).

Il faut souligner que ce ne sont pas les "dix meilleurs" qui ont été choisis, même si parmi eux figurent certains dont les résultats étaient brillants : le sens et la finalité de cette expérience se trouve en terre chinoise, et le passage en France n'est qu'un moyen parmi d'autres répondant à un projet pédagogique précis (assurer le long terme) et à des impératifs financiers contraignants (les problèmes économiques actuels s'y font aussi sentir...). Une grande place a été faite, pour cette sélection, aux intérêts exprimés par les étudiants.

Les étudiants restant à Wuhan commencent en Septembre 1983 leur licence de mathématiques ; l'esprit et les programmes de ce second cycle ont été définis lors du séjour qu‘a effectue en France, à la fin de l'année 1982, le professeur chinois, responsable de cette classe, Monsieur YU JIA RONG, en collaboration avec des mathématiciens de la S.M.F. dont MM. CHOQUET, HERVE, HOUZEL et DHOMBRES, et tous les mathématiciens français et chinois participant à l'expérience.

  • projet d'ensemble cohérent, sans éparpillement ;
  • enseignement "intégré", les théories de base étant introduites en vue de leurs applications ;
  • combiner travail et réflexion personnels avec le travail en petits groupes ;
  • prévoir en 2eme année un programme souple comportant éventuellement des options (probabilités, équations aux dérivées partielles, géométrie différentielle).

L'un des points caractéristiques de cette expérience est d'avoir commencé par une coopération modeste au niveau de l'enseignement en premier cycle pour préparer solidement l'avenir à savoir une coopération au niveau doctoral.

Afin d'aider ces échanges avec les mathématiciens chinois, la réalisation d'un lexique de mathématique français chinois est en cours et un groupe chargé de traduire en français certains articles de mathématiciens chinois va être organisé.

Ce processus de recyclage et d'information réciproque a été pour nous et nous l'espérons pour les collègues chinois extrêmement riche. Nous pensons que WUHAN aura au terme de ce processus une solide équipe de jeunes enseignants capables de prendre à terme la relève des professeurs plus âges dont les responsabilités à l'heure actuelle sont trop lourdes.

Cette coopération au niveau doctoral prendra un bon départ en Septembre-Octobre 1984 avec la participation de mathématiciens français au colloque sur les "Equations aux Dérivées Partielles qui se tiendra à WUHAN.

Au stade actuel, la poursuite et le développement de l'expérience nécessitent la création d'un groupe de proposition et de réflexion stable chargé d'assurer le suivi de l'expérience pour la définition des programmes, des ouvertures et transitions nécessaires ainsi que les questions de support matériel, réflexion et proposition de candidatures, organisation des échanges, etc... C'est à notre avis le seul moyen pour avoir à long terme, l'assurance de voir la sorte de greffe française opérée il y a trois ans sur le corps universitaires chinois prendre et porter ses fruits.

 

L'AVENlR A LONG TERME DE LA COOPÉRATION EN MATHÉMATIQUES

Nous nous contenterons ici d'esquisser ce qui pourrait être l'avenir de cette expérience pour le seul domaine des mathématiques, car l'élargissement à d'autres disciplines, s'il est possible et souhaité par la direction de l'université de Wuhan dépend d'autres facteurs qu'il nous est difficile d'évaluer ou de maîtriser à 1'heure actuelle : volonté politique et moyens matériels entre autres mais, également, intérêt et ouverture d'autres départements de l'université de Wuhan.

Toute coopération serait vaine et même nuisible si elle avait pour seul objectif ou résultat de s'autoentretenir "ad vitam aeternam", elle doit, au contraire, viser sa propre fin et laisser la place à d'autres rapports d'un niveau supérieur.

Dans le cadre de notre expérience, ce premier stade d'évolution devrait être atteint aux environs des années 1988/1989. Il n'y aurait plus alors en mathématiques qu'une coopération au niveau doctoral, l'enseignement de premier et second cycle étant pris en charge entièrement par les professeurs chinois. Le problème sera, à ce moment là, pour la France, d'assurer en premier et/ou, en second cycle, la présence minimum indispensable pour maintenir le caractère francophone de cette opération. A moins, bien entendu, que d'ici là les études de chinois ne se développent parmi les mathématiciens français un peu plus largement qu'à l'heure actuelle !

 

Cette coopération doctorale pourrait d'ailleurs se faire sous une forme assez souple, sous forme de thèmes de recherche définis en commun de séminaires coordonnés ou d'échange de mission de durées limitées entre l'université de Wuhan et quelques universités ou équipes de recherche françaises qui auraient noué des liens avec elle. C'est là qu'est en définitive l'objectif final commun aux communautés mathématiques des deux pays : arriver à former à Wuhan un centre important d'enseignement et de recherche en mathématiques participant activement aux échanges scientifiques internationaux. Que notre pays soit associé à ce projet sera, nous n'en doutons pas une source d'enrichissement scientifique et culturel mutuel qui justifient largement les efforts engagés. Nous espérons que cette présentation de ce qui se fait en plein centre de la Chine attirera vers cette expérience et ces objectifs tous ceux et celles dont la participation est nécessaire dans les années à venir, à son succès.

 

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Published by Eliane Cousquer - dans langue et mathématiques
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commentaires

plombier paris 14 29/01/2015 20:56

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement

SEO tools 26/08/2014 14:25

The University of Wuhan and French University had recently made a tie up on improving the maths education in the country. More than fifty schools in the country are now a part of this program and many more will join soon.