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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 16:40

J'ai été invitée à présenter mon livre par l'ASTS  dans des soirées dans les centres de vacances de l'EDF dans le cadre de leur programme de promotion du livre scientifique auprès du grand public.

livreMême si ce livre est destiné à un public large d'élèves et de leurs enseignants et leurs familles, comment intéresser un public en vacances en famille, sur l'histoire des mathématiques ?  

J'ai élaboré une présentation avec photos et liens internet sur le thème des numérations.

Ces soirées ont donc été aussi pour beaucoup de participants au début des années 2000 de découvrir les ressources du Web, la possibilité d'animations de figures en géométrie, en plus du thème d'histoire sur les numérations. La dernière année, j'ai aussi utilisé des vidéos que nous avions traduites.SBesse-present1

 

 

 

 

 

 

 

SBesse-restau0

On arrive dans la journée, on fait connaissance avec les animateurs, on mange et on installe tout pour la soirée en famille. Les animateurs font les présentations et nous passent la parole. Le public familial de 7 à 77 ans pour écouter parler d'histoire des mathématiques est très attentif. (ici à Super Besse).

 

 

 

SBesse-public

Dans les 7 soirées animées en 3 ans, nous avons eu des soirées très longues avec un public curieux et passionné.

 

 

 

 

 

 

SBesse-gosses

Vers 9h30, on voyait un des parents s'éclipser avec un petit endormi, mais après la présentation, nous avions une ou deux heures de questions sur les maths, leur enseignement, l'expression pour certains de leur regret de n'avoir pas eu un bon rapport aux maths.

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 23:53

Pour premier travail dans le domaine des Tice, j'ai conçu plusieurs modules du programme Université en ligne. Ce travail faisait suite à plusieurs années de production de documents pédagogiques pour l'enseignement en Deug. A la fois des polycopiés de cours et, avec plusieurs collègues, et en particulier C. Sacré, la création d'une banque de fiches d'exercices mises à la disposition de tous les collègues du département de mathématiques.

Ce travail ainsi que mon expérience en Chine avec des étudiants ayant un cursus différent, m'avait sensibilisée aux problèmes de la transition entre le lycée et l'université. Les acquis différents des étudiants, leur rapidité de travail et de compréhension différente nous ont motivés pour mettre à la disposition des étudiants des modules fournis ainsi que les polycopiés sous forme de CD pour leur permettre de travailler à leur rythme et combler par eux-mêmes certaines lacunes ou difficultés. Je me suis chargée avec l'équipe lilloise de la conception de trois modules de transition :

 

Enfin, j'ai conçu quelques années après le module Développements limités  qui a été produit avec une nouvelle maquette.

Comme pour tous les modules, pour chacun des sujets, différents types d'activités sont proposés :

  • apprendre : étudier ou réviser le cours,
  • s'exercer : exercices destinés à permettre de  s'entraîner à la résolution d'exercices et de problèmes,
  • s'évaluer : des qcm et autres exercices d'autoévaluation pour faire le point.
  • simuler : des travaux pratiques pour expérimenter
  • observer : des films

Tous les modules de la collection peuvent être utilisés soit en autoformation complète, soit en soutien, soit seulement pour l'évaluation. L'ordre d'utilisation dépend des besoins, par exemple : 

  • en autoformation une utilisation est "apprendre", "s'exercer", retour à "apprendre", "s'exercer" puis "s'évaluer"
  • en soutien un passage par "s'évaluer" permet d'estimer vos lacunes, à combler avec "apprendre" et "s'exercer", et un nouveau passage par "s'évaluer" permet d'évaluer ses progrès.

 

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 13:58

 Par Eliane Cousquer, Directrice du Lamia,
Ce laboratoire Lamia est aujourd'hui disparu suite au changement du directeur de l'IUFM du Nord Pas de Calais. Nous pensons que les idées qui avaient présidé à sa création sont toujours intéressantes.
 
Pourquoi un laboratoire de création multimedia au sein de l'IUFM ?

Les nouveaux outils (Hypertextes, hypermedias, simulations, outils de travails collaboratifs …)  ont été développés dans un tout autre but que l'enseignement, en particulier la mise en réseau sur le WEB d'informations de différentes natures. Elles présentent un grand intérêt pour l'enseignement, en permettant des parcours beaucoup plus libres, à l'initiative de l'apprenant. La réflexion sur les usages de ces techniques pour l'enseignement est encore balbutiante, mais on peut retenir des recherches sur les usages quelques idées fortes.
lamia

  • Les systèmes à base de connaissances nécessitent un travail d'élaboration considérable.
  • Pour être pleinement utiles, elles doivent être intégrées à l'enseignement et non juxtaposées.
  • Dans toute la mesure du possible, on doit privilégier une utilisation active des hypermédias par les formés pour résoudre des problèmes ou pour faire des travaux personnels donnés par leurs enseignants.
  • Si la création est le fait de groupes parfois minoritaires d'enseignants, la pleine intégration nécessite l'intérêt et l'adhésion d'une grande partie des enseignants.
  • Cette adhésion ne peut s'obtenir d'emblée. Rien ne se fera sans l'adhésion des enseignants et certains discours présentant les TIC comme pouvant permettre de remplacer les enseignants ont un effet très négatif. Il ne s'agit pas de diminuer le rôle des enseignants mais de permettre un travail plus riche et intéressant, et un développement des interactions entre formateurs et formés.


Cela a motivé la création d'un laboratoire au sein de l'IUFM. Il est essentiel que la création des outils intègre l'état actuel des recherches en éducation et s'appuie sur la connaissances des expériences menées au niveau international. La direction de l'IUFM a permis cette création en fournissant sur les crédits d'équipement de l'IUFM l'équipement matériel et logiciel pour cinq ordinateurs assez puissants pour faire du développement. Quatre personnes sont affectés au laboratoire à temps plein : un professeur agrégé d'arts plastiques, une certifiée d'histoire ayant fait une thèse dans le domaine des technologies informatiques pour l'enseignement, un professeur de technologie spécialiste de création multimédia, un docteur en mathématiques sur statut de "jeune chercheur" ; un enseignant chercheur assume un mi temps pour la direction du laboratoire et l'ensemble de ses tâches à l'IUFM.
lamia2

Les tâches du LAMIA, (Laboratoire Multimédia, Informatique et Apprentissage)

  • Mener des activités de recherche et de développement dans le domaine de l'utilisation pédagogique des outils multimédias et informatique, à partir de la mise en synergie des compétences existantes et de la création de compétences nouvelles, au sein de l'IUFM et de l'Académie.
  • Analyser les effets éventuels des outils multimédia et en général des outils des technologies nouvelles sur les pratiques pédagogiques, sur les stratégies et processus d'apprentissage, les appropriations de savoirs qu'elles induisent, et sur la nature des savoirs transmis ou acquis
  • Contribuer à la création des outils dont l'utilité sera reconnue nécessaire, ainsi qu'à l'analyse des usages et des pratiques les mettant en oeuvre.
  • Animer un séminaire, transversal aux groupes de travail thématiques et/ou disciplinaires, ayant pour tâche spécifique d'assurer la capitalisation de la réflexion et de la production. Le séminaire a été consacré cette année aux apports de la psychologie cognitive. L'an prochain il s'articulera autour des simulations et de la réalité virtuelle.


Un Comité Scientifique, formé d’universitaires, de représentants des corps d’inspection, et de formateurs IUFM, expertise les productions du laboratoire avant publication sur le serveur Internet de l’IUFM. Plusieurs logiciels ont été mis à la disposition des enseignants en formation sur le serveur. Ces logiciels relèvent de plusieurs disciplines, mais du fait des relations étroites qui existent entre mathématiques et informatique, les outils et les équipes de création en mathématiques sont nombreux. Un forum à accès limité est à la disposition des groupes de recherche pour leurs travaux.

 
Analyse de la création et de l'intégration des TIC en mathématiques

Si on cherche à analyser l'état actuel de l'usage des TIC dans les secteurs proches du LAMIA en mathématiques, on constate qu'il est en plein développement dans la formation des maîtres de mathématiques à l'IUFM du Nord - Pas de Calais  sous plusieurs formes :

  • L'usage des TIC comme outil de communication et d'échanges entre les formateurs avec un forum et une fédération d'équipes de recherche et de formateurs. 
  • L'usage des outils logiciels utiles pour la production de documents pédagogiques de qualité, pour les traitements de textes mathématiques, pour le dessin 2D et 3D, pour le traitements des données en mathématiques. La connaissances des travaux didactiques sur ces outils.
  • L'usage du calcul symbolique aujourd'hui disponible sur des calculatrices pour développer des expérimentations mathématiques.
  • L'usage des TIC comme outil de communication et tutorat avec les PLC2 (travail de mémoire …) et comme base de ressources en ligne.Comme un outil de publication et d'appel aux enseignants de la région pour expérimenter les logiciels en ligne et d'échanges pour améliorer les logiciels. 


Des recherches très variées sont développées depuis plusieurs années par plusieurs équipes du Nord Pas de Calais en mathématiques :

  • cream1Le CREAM, centre de ressources pour les PLC2

A63

  • Le logiciel A6-3, cartable électronique du professeur de collège téléchargeable fournit une base de données importante sur les programmes, les épreuves de brevet (examen de fin de collège) des dix dernières années en France, des cours et des exercices, que l'enseignant peut enrichir et modifier à sa guise.

lilimath1

  • Le logiciel Lillimath, série de séquences pédagogiques de découvertes destinées à l'utilisation dans les classes qui a obtenu en 1998 le premier prix d'un concours national (CERVOD) de production pédagogique.
  • Le logiciel Géométrix pour l'aide à l'écriture de la démonstration au collège est un logiciel utilisant les techniques d'intelligence artificielle, écrit en prolog ; ce logiciel a obtenu le deuxième prix à ce même concours.
  • Le logiciel Fonction est un logiciel de tutorat sur l'apprentissage des fonctions qui développe un suivi personnalisé des élèves et a obtenu le quatrième prix à ce même concours.

geoweb

  • Le site GEOWEB est un site où figure des créations faites  par des élèves de collèges ; ce sont des fiches de travail à propos de la résolution de problèmes ouverts.

 

  • .Les modules développés dans le cadre d'UEL ("Université en ligne") vont être mis à disposition des PLC et des formateurs dans les centres de ressources de l'IUFM.
  • Un logiciel Butinage à usage  pluridisciplinaire peut aider les enseignants à préparer des recherches pour leurs élèves sur internet en sélectionnant des sites intéressants et des pistes de travail.


L'état d'esprit qui préside aux recherches du LAMIA est caractérisé par les points suivants : le soutien à l'innovation et à la création, la mutualisation des savoirs et des ressources, le développement d'interactions entre les créateurs de terrain et les chercheurs, interactions qui ne nécessitent plus toujours une présence physique directe, l'expérimentation large des outils proposés en ayant un retour du terrain grâce aux outils de communication.

  • La première hypothèse du LAMIA est de faire vivre l'usage des technologies dans la formation des enseignants. Si ces outils sont utiles pour les enseignants en formation, si ceux-ci sont directement engagés dans une création dès leur année de formation, ils sauront trouver les formes pour faire un usage pertinent de ces technologies avec leurs propres élèves.
  • La deuxième hypothèse est que le processus de création dans un but de mutualisation, avec des équipes plurielles, amène à intégrer les questionnements didactiques propres à la recherche dans la pratique des enseignants. C'est une voie importante rénover la formation des maîtres et former des praticiens réflexifs. Le laboratoire a un rôle fondamental dans ce processus pour l'interaction entre recherche et terrain, pour la formation continue des enseignants par le biais de la recherche.


Former les enseignants par la recherche

La pratique d'une recherche pédagogique en formation des maîtres montre ses aspects positifs. Le caractère intéressant du mémoire en formation initiale, l'importance du réseau existant en France dans le domaine de la recherche sur l'enseignement en mathématiques montre qu'une évolution de la formation initiale en IUFM est aujourd'hui accessible.

A l'heure actuelle, cette formation dans l'institut reproduit, sauf exception, la relation pédagogique classique dans un face à face entre le formateur et le groupe de stagiaires. C'est ce modèle qui est donné aujourd'hui en IUFM. On veut que les stagiaires apprennent à participer à un travail d'équipe. Ce n'est pas en apprenant à faire en groupe des leçons qu'on fera ensuite seul dans sa propre classe que le travail en équipe prend un sens. C'est en participant à une aventure collective qu'on apprend  le travail en équipe, en ayant des buts communs.

Parler de développer une formation par la recherche n'est pas un leurre. Il ne s'agit pas en formation de développer des recherches visant à produire des connaissances nouvelles. Ces recherches nécessitent un temps et un appareil critique qui sont le propres d'équipes de recherche plus stables. Il s'agit de développer une attitude expérimentale, rationnelle. Il s'agit d'apprendre à interroger sa pratique d'enseignant, à cerner les problèmes posés, à faire appel aux résultats théoriques établis dans les divers domaines des sciences de l'éducation ou dans son propre domaine disciplinaire, à  revenir à la pratique. Le grand intérêt de cette recherche, c'est qu'elle est une pratique collective, où l'on apprend à douter des évidences, où il est nécessaire de confronter ses convictions spontanées au point de vue des autres dans un travail visant à une production pédagogique destinée à être publiée sur le réseau. Ces recherches développent non l'individualisme mais un esprit de solidarité.

Aujourd'hui, les obstacles posés par les limites de distances et de temps sont relativement effacés par les outils de communication à distance et des réseaux travaillant sur des objectifs communs sont possibles, l'actualité le montre. Un travail coopératif à distance est possible. Le pari est d'utiliser des réseaux pour que les travaux de recherche et d'innovation soient facilement accessibles et pour encourager chez un large public d'enseignants une attitude de recherche, de pratique réflexive tout au long de sa vie professionnelle. C'est possible et c'est passionnant, quelque soit la position institutionnelle de l'enseignant.  
 
ANNEXE 1
Le CREAM, un centre de ressources

cream1Le centre de ressources du CREAM est une des équipes de recherche de l'IUFM engagée dans un programme pluriannuel, constituée en réponse aux problèmes évoqués précédemment. Le but de ce centre de ressources destiné aux stagiaires PLC2 est de proposer des situations d'enseignement suffisamment riches et variées pour intéresser efficacement des élèves réputés difficiles. Il est également de favoriser ou de renforcer l'intelligence des contenus à enseigner en aidant les enseignants à repenser leur rapport aux savoirs, en particulier du point de vue de leur genèse et de leur construction plutôt que de leur transmission en tant que produits.

L'élaboration de situations motivantes est le fruit d'une expérience de plusieurs années, ainsi que le montre la pratique de la plupart des membres de l'équipe. La recherche vise, par un travail de systématisation et d'échange entre les membres du CREAM à capitaliser leur expérience et à la mettre à disposition des jeunes enseignants PLC2. Le choix méthodologique a été de centrer la réflexion sur quelques thèmes en approfondissant leurs différents aspects : historique, épistémologique, didactique et pédagogique avec une étude la plus exhaustive possible de la documentation existante, et d'enrichir progressivement le site au fil des années.

L'équipe du CREAM est composée d'une quinzaine d'enseignants de collège, de lycée et d'universitaires. Elle expérimente des situations problèmes, leur cohérence avec une progression d'ensemble, les critique et les médiatise après mise au point. Pour chaque situation, l'analyse porte aussi bien sur le contenu mathématique que sur les formes de gestion de classe les plus appropriées à chaque situation et personnalité du stagiaire :  travail en groupe, débat scientifique, atelier d'expérimentation.

Quelles sont les conditions minimales à présenter pour atteindre les objectifs souhaités ? Quel accompagnement théorique, épistémologique et méthodologique donner pour que ces situations soient l'amorce d'un « enseigner autrement »? La réalisation d'une base de données, accessible sur Internet est d'un intérêt pratique évident pour enrichir l'enseignement en collège et au lycée et offrir un lieu d'échanges aux jeunes (et moins jeunes) enseignants. Le travail de médiatisation a été l'occasion d'une réflexion sur la conception d'un centre de ressources, la définition de ses fonctionnalités, les conditions de médiatisation des séquences et en particulier les contraintes sur la mise en forme des séquences. Les membres de l'équipe se sont trouvés confrontés à des exigences de questionnement, d'explicitation et de rigueur propres à la recherche.

Par ailleurs, l'usage du réseau présente l'immense avantage de permettre un travail à distance de formateurs d'horizons divers, chercheurs en didactique, en sciences de l'éducation, en histoire des mathématiques ou enseignants de terrain sur les mêmes objets, travail que les contraintes de temps et de lieu rendent impossibles sans les outils de communication. Des enseignants sortis de l'IUFM depuis peu participent au réseau en cours de constitution autour de ce centre.

ANNEXE 2
 
L'usage des nouvelles technologies pour créer des réseaux pédagogiques.

Le plus connu des réseaux pédagogiques créé  en France est celui intitulé "La main à la pâte, initié par le prix Nobel de physique Georges Charpak pour la rénovation de l'enseignement des sciences à l'école primaire, (en prolongement du courant de rénovation lancé par Ledermann aux États Unis). Il est animé à la fois par des scientifiques, des chercheurs de l'INRP et des enseignants d'école élémentaire.

 centreA l'université, le RUCA, réseau des centres d'auto-formation des universités scientifiques a lancé un projet de production intitulé "Université en Ligne" dont l'objectif est la médiatisation des enseignements de premier cycle en physique, mathématiques, chimie, biologie, technologie. Quinze universités participent à la création des ressources. L'USTL est très engagée dans ce réseau et l'auteur participe à titre personnel à la production de modules en mathématiques. L'objectif est d'utiliser les ressources actuelles pour développer l'individualisation des formations, d'intégrer les possibilités d'animations, d'expérimentations virtuelles et de simulations pour faciliter la découverte et la compréhension des concepts en sciences.

Un autre réseau régional s'est créé cette année à l'USTL sur les utilisations pédagogiques du calcul formel dans les enseignements scientifiques. Il regroupe des enseignants et des chercheurs en mathématiques, informatique et physique des universités et des classes préparatoires (classes préparant dans les lycées des concours d'écoles d'ingénieurs) de la région. Son objectif est de réfléchir aux apports de ces outils pour intégrer une composante expérimentale dans l'enseignement des mathématiques et aux possibilités nouvelles d'usage en physique pour des modélisations mathématiques.

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3 août 2007 5 03 /08 /août /2007 00:00

A logo

Les actes sont parus chez "Kluwer Academic publishers" sous le titre Proceedings of the ninth international congress on mathematical education.
On trouvera ici un rapport  fourni sous forme de cd-rom à la commission française de mathématiques, contenant des reportages sur ce congrès ainsi que mes deux contributions : dans l'atelier WG7 sur la formation des maîtres et dans l'atelier TS7 sur les nouvelles technologies. Pour des raisons techniques, ces articles sont fournis sous forme de liens vers des pages de ce site.

Présentation du rapport : page d'accueil

La délégation française : présentation

Le stand français : le stand

Le hall d'exposition présenté parmi les expositions de ce site

Le groupe Cabri international

L'atelier sur la formation des  maîtres, ma présentation, mon article "A multimedia laboratory in a training college in France"( pdf ) et sa traduction en français "un laboratoire multimédia à l'IUFM du Nord Pas de Calais

 L'atelier Le multimédia dans la formation en mathématiques dans l'éducation en mathématiques avec la présentation,  l'intervention, l'article "On line university, a national realization in France for teaching science in the first academicsyears" en anglais, sa traduction en français "Université en ligne ..."


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1 février 2002 5 01 /02 /février /2002 00:00

 au L.A.M.I.A.Laboratoire Appliqué Multimédia, Informatique et Apprentissage

à l’I.U.F.M. du Nord Pas de Calais

Ce texte a été publié en février 2002. Depuis je suis  en retraite depuis octobre 2004 et installée dans les Landes. J’enseigne à mi-temps à l’Université des Sciences et Technologies de Lille (U.S.T.L.) et à mi-temps à l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres (I.U.F.M.) du Nord Pas de Calais. Engagée dans la création de modules de mathématiques dans le cadre du programme national « Université en Ligne », je suis responsable mémoire en mathématiques et je dirige le laboratoire L.A.M.I.A. à l’I.U.F.M.  On verra l’évolution du travail d’Intégration des Technologies d’Information et de Communication dans l’Enseignement (T.I.C.E.) en formation des maîtres, l’apport du travail collaboratif1 pour les enseignants, en particulier en mathématiques. Ce papier présente aussi une aventure collective de formateurs en mathématiques et l’enrichissement personnel vécu par chacun. Il sera rythmé par ses étapes principales. Les références institutionnelles alterneront avec les initiatives prises par des réseaux d’enseignants de mathématiques du Nord. Des prises de position face aux problèmes de l’Education nationale n’engagent bien entendu que moi, auteur de ce texte. 

 

Pourquoi un laboratoire  multimédia, le L.A.M.I.A. ? 


CREAM, Centre de Ressources pour l'Enseignement  et l'Aide en Mathématiques

Tout est parti de formateurs engagés dans la direction des mémoires. Certains groupes de professeurs stagiaires se voient attribuer pour leurs stages en responsabilité des classes très difficiles. Un groupe de directeurs de mémoires dont une grande partie sont dans des établissements difficiles lancent en 1996, un séminaire mémoire dit « Gestion de classe » et  le CREAM . Le souci des membres de cette équipe est d'apporter en priorité une aide aux stagiaires qui ont problèmes.

Le CREAM a pour but de proposer pour les stagiaires P.L.C.2 des situations pédagogiques riches et diversifiées, susceptibles d'intéresser même des élèves réputés difficiles,  de favoriser ou renforcer la compréhension du contenu d'enseignement, d'aider les enseignants à repenser leur rapport au savoir, du point de vue de sa genèse et de sa construction plutôt que de sa transmission comme produit.  La rédaction des modalités d'un cours novateur dispensé au collège ou au lycée donne lieu à un travail personnel du formateur, soumis à la critique de l'ensemble des membres du CREAM, réunis une fois par mois. Ce travail est souvent ré-expérimenté en classe, amendé et largement commenté. Ces commentaires qui figurent sur le site WEB du CREAM contribuent à étoffer la réflexion pédagogique. Pour garantir la clarté et la lisibilité du contenu de chaque séquence, la mise en forme est standardisée. L’équipe partage ces exigences de variété au sein et en dehors de leur discipline.

En lien avec les séquences, sont disponibles en histoire des mathématiques des articles de vingt à trente pages, présentant pour les jeunes enseignants, l'histoire de notions importantes qu'ils ont à enseigner. L'essor des travaux croisés a favorisé le travail transdisciplinaire français-mathématiques. De nombreuses séquences ont été proposées dans des classes de R.E.P. et ont sensibilisé des élèves, pourtant en grande difficulté, à un aspect des mathématiques qui ne les a pas rebutés. Ce centre était conçu d’abord comme une bibliothèque papier, mais le travail fait dans le domaine multimédia au sein d’Université en Ligne a ouvert une autre perspective, un site WEB qu’une collègue historienne, spécialiste du multimédia nous a aidé à concevoir. Le succès du travail engagé par cette équipe a conduit à proposer la création d’un laboratoire de création multimédia interdisciplinaire à la direction de l’I.U.F.M.,  le L.A.M.I.A., créé en 1998. 

 

Les T.I.C.E. au service de la formation des enseignants

Les autorités politiques se sont mobilisées ces dernières années en ce qui concerne l'utilisation des technologies de l'information et de la communication pour l'éducation, (T.I.C.E.). Un appui financier très important, souvent avec des fonds européens a été apporté pour équiper des universités, des écoles primaires et des établissements secondaires. Ainsi, l'I.U.F.M. du Nord-Pas-de-Calais a reçu des fonds importants, ses centres locaux sont maintenant bien équipés ; une opération a été lancée à l'initiative du Recteur pour équiper des établissements d'ordinateurs connectés à un réseau et à l'Internet et de salles appelées les classes pupîtres. Globalement, l'équipement des établissements progresse assez vite. Beaucoup de colloques sont organisés à différents niveaux pour les personnels de gestion et les enseignants. Un portail national pour la visibilité des ressources pédagogiques sur Internet a été créé pour l'enseignement primaire et secondaire  et un autre pour l'enseignement universitaire. Chaque site rectoral incite les collègues à « mutualiser » les ressources pédagogiques. Cependant le matériel ne suffit pas. L’essentiel est la formation et l’engagement des collègues.

Les nouveaux outils (hypertextes, hypermédias, animations, réalité virtuelle …) ont été développés avec d'autres buts que la formation, en particulier pour l'accessibilité sur Internet à beaucoup de données. Ils présentent un grand intérêt pour la formation, en permettant beaucoup plus de liberté dans les parcours de formation et une initiative plus grande de l'apprenant.

La réflexion sur l'utilisation de ces techniques pour la formation en est toujours à une première étape, mais on peut retenir de la recherche sur les pratiques quelques idées fortes. Les systèmes basés sur la connaissance exigent un travail d'élaboration considérable. Pour être utiles, ils doivent être intégrés dans la formation et non pas juxtaposés. Pour être pleinement efficaces, ils doivent favoriser une utilisation active des hypermédias par l’apprenant pour résoudre des problèmes ou faire des travaux personnels.

Si la création est le fait d'une minorité d'enseignants, la pleine intégration exige l'intérêt et l'adhésion de beaucoup d'enseignants, et cette adhésion ne peut pas être obtenue immédiatement. Rien ne sera fait sans les enseignants et des discours des technocrates disant que ces technologies et les ordinateurs peuvent remplacer les enseignants ont un effet très négatif. La question n'est pas de diminuer le rôle des enseignants, ni même, idée absurde, de les remplacer par des systèmes multimédias, mais de permettre un travail plus riche et plus intéressant et un développement d'interactions entre enseignants et enseignés.

 

Le laboratoire L.A.M.I.A.

Ces idées ont motivé la création d'un laboratoire dans l'I.U.F.M. Le point essentiel est que la création d'outils intègre l'état de la recherche en didactique et en psychologie cognitive et la connaissance des expériences qui sont menées dans d'autres pays. La direction de l'I.U.F.M. a permis cette création en finançant l'équipement de cinq ordinateurs assez puissants pour faire du développement. Le laboratoire a été créé en septembre 1999, sa composition a varié depuis et il est animé par des enseignants  y travaillant à plein temps ou à temps partiel : un enseignant d'arts plastiques spécialiste en vidéo et en créations d'images, une d'histoire, un de technologie, deux de SVT, deux de mathématiques. J’assume la moitié de mon service pour la direction du laboratoire et mon enseignement à l'I.U.F.M. 

Le rôle du L.A.M.I.A.

Les tâches du laboratoire ont été définies dans sa charte et enrichies depuis.  Elles consistent à mener des activités de recherche et de développement dans le domaine de l'utilisation d'outils multimédia et des technologies de l’information et de la communication, par la création de synergies entre les capacités existantes dans l'I.U.F.M. et dans l'académie et par la création de nouvelles compétences. A coté de tâches de veille technologique, de soutien et de formation de collègues engagés dans la production, chacun des membres du laboratoire est engagé dans la création de dispositifs d'introduction des T.I.C.E. et de produits innovants dans leur propre champ. Les tâches d’analyse des effets possibles des outils multimédia sur les pratiques d'enseignement, des stratégies et des processus d'étude, des appropriations de connaissances qu'ils permettent commencent après une première phase consacrée entièrement à la création.

Un séminaire transversal aux groupes de travail thématiques et (ou) disciplinaires a pour tâche de capitaliser la réflexion. En 1999-2000 le thème "Comprendre les Environnements interactifs d’apprentissage par ordinateur", avait pour but d'aider à constituer un langage commun entre les participants par un travail sur les apports de la psychologie cognitive. Depuis, le travail est centré sur "le travail collaboratif et la cognition distribuée", et en parallèle, un deuxième séminaire porte sur le thème "Recensement et explicitations théoriques des pratiques en T.I.C.E. " .

Les membres du L.A.M.I.A. animent le dispositif POPIM (Production d’Outils Pédagogiques Informatiques et Multimédia) : des équipes d’enseignants de l’académie répondent à un appel d’offres biennal. Les équipes reçoivent des moyens horaires et sont accompagnées pendant deux ans par les membres du LAMIA ; un collègue universitaire spécialiste de psychologie  et d’informatique proche de L.A.M.I.A. assume la responsabilité du Comité Scientifique de la POPIM qui évalue les productions.

Des logiciels créés dans différents domaines sont déjà disponibles sur le serveur du LAMIA. Un forum avec accès limité est à la disposition des groupes de recherche pour leurs travaux.

 

Lignes de forces des recherches du L.A.M.I.A. :

  • l'appui à l'innovation et à la création d'outils pédagogiques vus comme une modalité pour la formation continue18 ;   .la coopération pour la création de ressources ;
  • l'expérimentation des outils avec un retour du terrain permis par les outils de communication ;
  • .le développement d'interactions entre les formateurs, (enseignants du primaire, du secondaire et de l'université) ; 
  • .le développement d'interactions entre les enseignants créateurs et les chercheurs ; 
  • le travail à distance et la création de réseaux d’enseignants qui partagent une même philosophie et des buts communs. Les outils de travail coopératif n'exigent pas la présence physique directe. Les pédagogues de terrain y trouvent des possibilités d’échanges, de publication et une aide mutuelle encore insuffisamment exploitées. 

 

Les hypothèses du LAMIA

 

La première hypothèse du laboratoire L.A.M.I.A. est l'importance d'une utilisation réelle des technologies dans la formation d'enseignants. Si ces outils sont utiles pour les enseignants eux-mêmes pendant leur formation, si les stagiaires sont directement engagés dans une création, ils sauront faire plus tard une utilisation appropriée de ces technologies avec leurs propres élèves.  

La deuxième hypothèse est que le processus de création de matériel pédagogique par des équipes composées de personnes de formations différentes, en vue de mutualiser les ressources, amène les enseignants à intégrer des interrogations propres à la recherche dans leur pratique d'enseignement. C'est une façon importante de renouveler la formation des enseignants et de former des praticiens réflexifs. Le laboratoire a un rôle fondamental dans le processus d'interaction entre des chercheurs et les enseignants de terrain. Interdisciplinarité au sein du L.A.M.I.A. Un des points forts du L.A.M.I.A. est son caractère interdisciplinaire.Mais cela ne veut pas dire que la spécificité des différentes disciplines est niée, bien au contraire. En fait, l'introduction de l'informatique dans les différentes disciplines se fait suivant des usages propres à chacune d'elles, avec des outils différents :

  • Dans le domaine de la documentation, les outils bureautiques et l'usage des bases de données sont essentiels.
  • En langues, l'audiovisuel s'est implanté depuis longtemps, mais les outils de communication à distance permettent des échanges internationaux réels. La création de sites par les élèves pour présenter leur région par exemple, rejoint l'usage déjà développé dans les écoles primaires de certaines régions.
  • En physique, chimie, technologie, l'introduction de l'E.X.A.O (expérimentation assistée par ordinateur) est impulsée par les programmes. L’équipement des salles informatiques des lycées techniques est une réalité.
  • En français, le traitement de texte et les outils de PAO, les outils de réalisation d'hypertextes  permettent à pas mal d'enseignants d'introduire un usage significatif de l'informatique lorsque leur établissement est équipé.
  • En géographie, l'informatique a fait une entrée importante dans la pratique professionnelle des géographes avec les S.G.I. (Système d'Information Géographique), avec les images satellites, la cartographie automatique et les traitements statistiques de données. Ces développements professionnels n'ont jusqu'à maintenant rencontré qu'un écho marginal au niveau de l'enseignement.
  • En arts plastiques, des courants artistiques importants font appel à l'ordinateur, mais là encore l'écho est faible dans l’enseignement. Les collections des musées en ligne sont insuffisamment exploitées.
  • Les mathématiques entretiennent avec l'informatique un lien très étroit et l'usage de l'informatique est multiple : traitements de textes mathématiques, outils de géométrie dynamique et de tracé de courbes,  logiciels de calcul formel et maintenant usage massif des simulations (en statistique par exemple). 

 

Pourquoi un laboratoire multimédia interdisciplinaire a-t-il un grand intérêt ? Parce qu'il remet au premier plan des interrogations fondamentales concernant l'apprentissage humain, l'intelligence et la cognition distribuées20, qu’il permet de s'interroger sur l'enseignement des différentes disciplines face à l'intégration des T.I.C.E. dans l'enseignement.

Les difficultés sont les mêmes dans le monde entier, mais les outils actuels de communication, permettent très rapidement à des chercheurs ou à des enseignants intéressés par ces questions de connaître des expériences réussies, de mutualiser leurs réalisations et de construire des réseaux. Un travail essentiel du laboratoire est la veille technologique et l'analyse des expériences réussies d'introduction des T.I.C.E. 

 

Les T.I.C.E.  en mathématiques

Depuis plusieurs années, les T.I.C.E. apportent une aide essentielle aux formateurs et aux stagiaires de mathématiques pour la réalisation de leur mémoire. L’usage du courrier électronique est généralisé, outil de communication essentiel avec des stagiaires répartis dans toute l’académie. D’importantes ressources ont été mises en ligne sur le site du département de mathématiques :

La situation évolue rapidement avec les possibilités pour des enseignants d’avoir accès à des forums gratuits, de créer des sites sur des serveurs gratuits. Le développement de sites d’équipes indépendantes de l’institution, est encouragé ; un lien sur le serveur du L.A.M.I.A. y donne accès. Si le groupe d’enseignants le souhaite, le site reste hébergé sur le serveur du laboratoire.  

Des sites créés par les équipes du Nord-Pas-de-Calais La région du Nord fait preuve d’une grande créativité dans le domaine du multimédia mathématique :

  • Le C.R.E.A.M. a été présenté au début de cet article.
  • MATHADOC, site d’un réseau créé à l’initiative de jeunes enseignants du Nord, regroupe deux logiciels téléchargeables : le cartable électronique et le tableau virtuel, bases de données importantes sur les programmes, sur les examens du brevet des dix dernières années en France, avec des jeux de leçons et d'exercices pour les quatre classes, accompagnés d’animations. L'enseignant peut se les approprier, les développer et les modifier pour créer sa base de données personnelle.
  • LILIMATH : ateliers de découverte pour une utilisation par l'enseignant dans les classes ; lilimath a reçu en 1998 le premier prix d'une compétition nationale26 d'outils logiciels pour formation. Lilimath a développé des ateliers pour l'enseignement primaire, le collège et le lycée ainsi qu'un parc d'attractions mathématiques.
  • FONCTIONS : l'étude de fonctions dans l'enseignement technologique ; ce logiciel permet à un enseignant le suivi individualisé des travaux des élèves et a reçu le quatrième prix la même compétition. 
  • GEOWEB : un site présentant quelques créations faites par les élèves avec des fiches sur la résolution de problèmes ouverts de géométrie au collège. Ce site vient d’obtenir un  prix de l’innovation pédagogique au dernier salon de l’éducation. A ces sites nous ajouterons
  • BUTINAGE : logiciel avec une utilisation pluridisciplinaire pour des recherches d’élèves sur Internet ; l'enseignant l'emploie pour préparer les thèmes de recherche et choisir des sites intéressants pour le travail des élèves.
  • UNIVERSITÉ EN LIGNE : les modules développés par les équipes universitaires sont à la disposition des stagiaires et des formateurs sur le WEB
  • GÉOMÉTRIX : une aide à l'écriture des démonstrations au collège ; ce logiciel, écrit en prolog, emploie les techniques d'intelligence artificielle ; il a reçu le deuxième prix à cette même compétition.  

 

Développement de la collaboration en mathématiques 

Notre travail se développe depuis six ans maintenant avec une forte implication au niveau des mémoires des P.L.C.2. Chaque année, un pas a été franchi dans le développement du travail coopératif entre les réseaux de mathématiciens proches du L.A.M.I.A.

Cette année, c’est le développement d’une expérience d’enseignement des T.I.C.E. aux professeurs stagiaires, doublée d’une formation de formateurs pour aider au pilotage de cette expérience.

La collaboration informelle a été systématisée avec le lancement d’une formation de formateurs,31 reprenant le nom que nous avions adopté depuis quatre ans, Anneau Mathématique, pour signifier un réseau d’échanges égalitaires.  Cette expérimentation se déroule dans le cadre d’un programme de recherche avec des laboratoires universitaires scientifiques.

 

Les principes qui ont guidé cette expérimentation sont les suivants :

  • Collaboration émergente : si les principes qui guident l’expérience sont clairs, la structuration des activités n’est pas faite au début, mais est réalisée au fur et à mesure de l’expérimentation. Par exemple, les six jeunes enseignants responsables  de douze heures de formation T.I.C.E. aux P.L.C.2, n’ont pas reçu un programme précis. Ils devaient le déterminer entre eux en fonction des réactions des P.L.C.2. Seuls étaient claires les raisons pour lesquelles une formation leur avait été confiée : leur création personnelle dans le domaine multimédia et leur expérience d’animation de réseaux. Un bilan réalisé ensemble dans l’Anneau Mathématique permettra de tirer les leçons pour l’année prochaine.
  • Expérimentation dans des conditions réelles, avec toute la promotion d’environ 90 P.L.C.2, et environ 40 formateurs.
  • Travail collaboratif entre les formateurs où chacun forme les autres dans son domaine de compétence. La coordinatrice de l’Anneau Mathématique organise l’agenda, les tâches administratives et les invitations. Cette année, chacun des thèmes importants dans l’usage des T.I.C.E. en mathématiques a été abordé. Ces échanges ont permis de mesurer la richesse des outils à notre disposition, mais aussi l’ampleur du travail à accomplir pour en faire un usage efficace. Cela n’empêche pas chacun de poursuivre ses créations, avec les outils dont il dispose déjà.
  • Réalisation collective d’un CD-ROM de ressources libres par les formateurs en charge de la formation T.I.C.E. et le responsable informatique du L.A.M.I.A.
  • Communication : Utilisation intensive de yahoo-groupes en 2001-2002 entre les formateurs et entre formateurs et stagiaires. L’an dernier, le Campus Virtuel n’avait pas supporté un grand nombre de connexions simultanées et avait créé quelques difficultés. L’an prochain, une plate-forme de formation34 en cours d’adaptation à nos besoins  au sein du L.A.M.I.A. sera à notre disposition.  Chaque membre d’un yahoo groupe peut échanger des e-mails avec les autres, mettre des fichiers à disposition du groupe, faire des annonces par l’agenda.
  • Echange de ressources avec d’autres groupes nationaux fonctionnant sur les mêmes principes.
  • Invitation de chercheurs engagés dans les questions d’enseignement.   

 

Le fonctionnement de l’anneau mathématique

Le groupe se réunit une fois par mois, dans une salle informatique. A chaque séance, deux intervenants présentent leur travail. Ce sont soit des membres de l’anneau, soit des chercheurs invités. Un problème d’enseignement est présenté et on apprend immédiatement à se servir d’un outil (Cabri, mu-pad, maple). Une discussion s’engage sur les possibilités d’usage et l’intérêt ou non de cet outil dans cette situation. Des expérimentations proposées par l’animateur sont testées avec les P.L.C.2 ou dans les classes des participants.  Cette séance ne suffit pas en général pour maîtriser  un logiciel. Un travail avec les collègues intéressés peut alors débuter suivant un processus coopératif ou une formation collective plus conséquente. Ainsi par exemple, la séance sur Cabri doit être prolongée par une formation à son usage pour la géométrie dans l’espace. Chacun place dans le yahoo-groupe les fichiers et les références de sites susceptibles d’intéresser les collègues.

Notre objectif est de progresser dans la formation des collègues aux nouvelles technologies. Ces formations se caractérisent par des échanges entre pairs et un usage intensif de ressources en ligne (c’est ainsi qu’opèrent les informaticiens dans leur travail professionnel).  Par ailleurs, la réflexion théorique des dernières années sur le travail collaboratif est à la base du fonctionnement du groupe et les collègues qui n’ont pas participé au séminaire peuvent en découvrir les principes. Comme on le voit, plusieurs réseaux existent en mathématiques autour du L.A.M.I.A. et coopèrent de façon souple.  

Nous espérons que les jeunes apprendront pendant leur formation à s’intégrer à des réseaux existants ou à en créer eux-mêmes autour de nouveaux projets.

Il est évident que ce type de fonctionnement ne reflète pas la philosophie lourdement hiérarchique de l’Education Nationale, en  particulier dans les I.U.F.M. Notre conviction est que les problèmes graves que rencontrent notre système d’enseignement ne sauront pas trouver de solution dans le cadre actuel, hiérarchisé et infantilisant pour les enseignants.

Les idées qui président à notre travail sont issues de convictions personnelles qui rejoignent un courant de pensée développé au niveau international. Nous allons le présenter.   

Le cadre théorique actuel du travail collaboratif

Sans les développer, voici trois références pour comprendre les processus à l'œuvre dans notre travail : 1) L'intelligence et l'apprentissage distribués, 2) L'apprentissage collaboratif, 3) Des dispositifs réels 

Premier cadre théorique : l’Intelligence distribuée.

Elle s'oppose à des conceptions répandues qui présentent l'intelligence comme une propriété du cerveau des individus. Il montre que l'intelligence, telle qu’on l’observe dans les pratiques d'apprentissage, est distribuée entre les esprits, les personnes et les environnements (symboliques, techniques, et physiques, naturels et artificiels). Il développe pour l'enseignement les conséquences de ce nouveau paradigme.

Deuxième cadre : l’apprentissage collaboratif, (développé dans l'article "Apprendre conjointement : une analyse, quelques expériences et un cadre de travail" de Robert LEWIS38), présente un ensembssage collaboratif basé sur l'existence d'une communauté  d'intentions le de réflexions théoriques sur l'apprentissage et leurs implications pour la conception d'outils hypermédias. Il propose une définition de l'apprentidans un groupe d'apprenants, et il examine les hypothèses psychosociales sous-jacentes à  cet apprentissage. Il rappelle quelques notions centrales dans la psychologie russe, et notamment la théorie de l'activité. Suivant cette théorie, l'apprentissage collaboratif repose sur un jeu d'interactions entre le sujet, l'objectif (d'apprentissage) et les instruments disponibles, interactions auxquelles participent également la communauté d'apprentissage (par les règles et la répartition du travail qui en émanent). Les conséquences pratiques de cette approche pour la conception et le choix d'outils hypermédias sont ensuite présentées et discutées.

On peut aussi se référer à une brochure "Usages d'un environnement médiatisé pour l'apprentissage coopératif" (ouvrage collectif coordonné par Chantal D'Halluin), dont le résumé donne une idées de la problématique : "L'apprentissage a ceci de paradoxal qu'il est un acte individuel inscrit dans l'interaction avec autrui. Dans les dispositifs de formation médiatisés, on constate que la part des activités individuelles est quasiment hégémonique. Ceci renforce l'isolement de l'apprenant et conduit à un appauvrissement de l'apprentissage. L'accessibilité des NTIC peut favoriser l'émergence de nouveaux modes d'apprentissage dont l'apprentissage coopératif. Il permet de rompre l'isolement de l'apprenant et de contrebalancer la centration excessive sur le contenu en développant confrontations et interactions interpersonnelles. Mais, il ne suffit pas de proposer des activités coopératives ni de placer apprenants et formateurs dans un environnement informatique dédié au travail coopératif pour que celui-ci jaillisse. Ces difficultés questionnent les concepteurs qui cherchent à définir l'essence du travail coopératif, dans le but de proposer aux utilisateurs des « collecticiels » répondant à leurs besoins, et les utilisateurs qui éprouvent des difficultés à mettre en œuvre la coopération. »  

Quelle différence faisons-nous entre coopération et collaboration ? Il faut remarquer que cette distinction n’est pas faite par tous les auteurs. Certains considèrent les deux mots comme interchangeables. D’autres, comme Dillembourg, font la distinction suivante qui nous paraît pertinente. Il ne suffit pas qu’il ait travail en commun pour réaliser une tâche pour parler de collaboration. Il peut y avoir une simple division des tâches entre les participants, chacun en faisant une partie. Dillembourg parle de coopération dans ce cas. La situation de collaboration est celle où les participants échangent et résolvent ensemble le problème, en interaction. Dans ce cas, il y a débat et confrontation des points de vue à toutes les étapes, ce qui est plus intéressant au niveau des processus cognitifs. 

 

Troisième cadre théorique  des dispositifs réels est celui développé en particulier par Grabinger aux Etats Unis dans un programme qu’il appelle REAL (traduction : Environnement Riche pour un Apprentissage Actif) où il défend la nécessité de développer des programmes en vraie grandeur et proches des conditions de travail réelles et non des maquettes comme le font trop souvent les programmes de recherche. Nous avons retenu l’idée de calquer la formation aux T.I.C.E. sur l’usage effectif qu’en font des pédagogues créateurs.

Dans le numéro "Education et informatique" de la revue Sciences et techniques éducatives43  en hommage à Martial Vivet, nous trouvons le texte de la conférence qu’il a prononcée le 22 mars 1999 dans le séminaire des directeurs des IUFM "TIC et IUFM, éléments de réflexion et points de vue". Je pense que le L.A.M.I.A. est un exemple des structures qu'il propose dans sa conclusion ::"Il importe de créer des structures de réflexion sur les technologies de l'information et de la communication, sur le modèle des IREM44 par exemple. A une époque, les mathématiques dites "modernes" ont posé beaucoup de problèmes : on a créé des instruments appelés IREM (Instituts de Recherche sur l'Enseignement des mathématiques). Aujourd'hui, l'intégration des TIC dans l'éducation pose encore des problèmes très importants si on considère la nécessaire généralisation. Ne faut-il pas créer des Instituts de Recherche sur l'Usage des TIC dans l'Education pour jouer le rôle de creuset de réflexion et de dissémination des pratiques dans le cadre du plan d'urgence mis en place récemment et qui mérite un suivi à long terme ?"

Dans les tâches qu’il définit, on retrouve les éléments de la charte du laboratoire LAMIA. "Parmi les questions de recherche, citons :

  • La conception et la validation de dispositifs, les méthodes de conception et l’architecture des dispositifs.
  • L'analyse des usages et des conditions d'acceptabilité des T.I.C.E. par les différents acteurs (enseignants, élèves, parents, autres partenaires) dans les milieux de la formation.
  • La gestion des connaissances sur Internet et l'appropriation de ces mêmes connaissances par des humains au travers d'un processus d'apprentissage.

D'autres structures de coordination pourraient être mises en place avec des personnes de l'enseignement supérieur, nommées au titre des TIC dans les IUFM. Il faut favoriser un échange de compétences et de savoirs et pour cela mutualiser cet observatoire des usages. Les jeunes docteurs en la matière pourraient constituer un appui pour ce dispositif.  " Ce numéro de la revue "Sciences et Techniques Educatives" peut permettre aux collègues de comprendre que le L.A.M.I.A., dont certains contestent l’existence même en disant qu’un laboratoire de recherche appliqué sur les T.I.C.E. au sein de l’I.U.F.M. n’est pas « légitime », correspond au contraire à une structure dont la nécessité est reconnue par ceux qui sont engagés dans le domaine des Technologies Informatiques pour l’Enseignement, même si la forme envisagée peut varier suivant les régions.

Le L.A.M.I.A.  peut  permettre de se projeter dans l'avenir pour progresser dans la solution des problèmes posés par l'intégration des T.I.C.E. dans les disciplines. Pour l'instant, l'IUFM du Nord Pas de Calais, par son appui à la création du L.A.M.I.A. fait plutôt figure de précurseur dans les IUFM en France.

Une position dogmatique comme celle à laquelle nous nous heurtons dans le Nord correspond, selon moi, à une coupure entre théorie et pratique dans le domaine de la didactique des mathématiques. 

 

Comment former les enseignants ?

À l'heure actuelle, la formation en I.U.F.M. reproduit encore trop le face à face classique entre les formateurs et le groupe de stagiaires. C'est ce modèle que l'on donne aux jeunes dans l'institut. On voudrait  que les stagiaires apprennent à travailler en équipe. Apprendre dans un groupe à faire les leçons que l'on fera seul dans sa propre classe n'est pas une façon de donner un sens à la collaboration. C'est en participant à une aventure collective avec des buts communs  qu'on apprend à collaborer.

Le caractère intéressant du mémoire dans la formation initiale, l'importance du réseau existant en France dans le domaine de la recherche sur l'enseignement des mathématiques montre qu'une évolution de la formation initiale dans les I.U.F.M. n’est pas hors de portée.

Les outils modernes de communication abolissent les distances, (mais ne diminuent pas le travail) : les réseaux travaillant sur des objectifs communs sont possibles.

Mais aussi bien au niveau international qu’au niveau local, des problèmes importants existent quant à la reconnaissance institutionnelle des compétences acquises par les collègues qui s’investissent dans la création multimédia et quant à la protection de leurs droits de propriété intellectuelle47.C’est sur ce point que je compte m’investir dans l’année qui vient. 

Pourquoi tant de collègues mathématiciens se sont-ils investis dans les Technologies d’Information et de Communication pour l’Enseignement dans le Nord ?

Tous sont partisans de l’enseignement public, hostiles à un processus marchand et favorables aux logiciels libres48. On sait que le développement de Linux par des informaticiens travaillant en réseau au niveau international a montré qu’il était possible de contrer Microsoft.Il me semble que face à la mondialisation marchande et à son cortège d’injustices et d’inégalités, les réseaux, offrent une possibilité de se défendre. Dans l’Education Nationale, avec son système hiérarchique bloqué (aussi bien à l’université que dans les établissements d’enseignement) et le poids de l’inspection qui n’existe qu’en France, ces outils permettent de dépasser l’isolement de l’enseignant et de créer des communautés qui réfléchissent, partagent et agissent. Les outils mis sur le WEB sont aussi à la disposition  de nos collègues dans des pays où le prix de livres est prohibitif. Une connexion Internet donne accès à une bibliothèque mondiale.

 

Les T.I.C.E. seront ce que nous en ferons. 

 

Annexe

Cette coupure entre théorie pratique a été signalée comme un danger et un problème actuel dans deux conférences plénières prononcées au colloque international ICMI 2000 de TOKYO sur le passé et l'avenir en ce qui concerne la didactique des mathématiques. Voici les titres et des indications sur ces conférences.

"Keys issues and Trends in Research On Mathematical Education"  par  Mogens Niss, (Roskilde University, Denmark) pointe, suite à une analyse historique du développement des recherches en didactique des mathématiques, le risque grandissant d'une coupure entre théorie et pratique dans ce domaine."One observation that a mathematics educator can hardly avoid to make is the widening gap between researchers and practioners in mathematical education. The very existence of such a gap is neither surprising nor worrying. The cause for concern lies in the fact that it is widening. There are very good explanations for this fact, but for the health and welfare of our field, we have to utmost to find ways to reduce the gap as much as possible. If we are unsuccessful in this, research on mathematical education runs the risk of becoming dry swimming, while the pracT.I.C.E. of teaching runs the risk of becoming more naïve, narrow minded, and inefficient than necessary and desirable".

"Developing Mathematics Education in a Systemic Process" par Eric Ch. Wittmann (university of Dortmund, Germany) développe une proposition pour réduire ce fossé entre théorie et pratique dans le domaine de la didactique des mathématiques en appelant à un changement de paradigme et en particulier en développant une approche systémique et évolutive."The systemic evolutionary approach (to the management of complexity) starts from quite different assumptions. Its basic paradigm is the spontaneous, self-generating order exemplified best by the living organism. Organisms are not constructed, they develop. Spontaneous orderings develop also in the social domain. They arise by means of and as the result of human actions, but they do not necessarily correspond to preconceived intentions, plans or goals. Nethertheless they can be highly rational."

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Published by Eliane Cousquer - dans travail collaboratif
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1 septembre 2000 5 01 /09 /septembre /2000 00:00

Traduction de l'article rédigé pour le colloque de Tokyo de 2000

Une réalisation nationale en France

pour les premiers cycles scientifiques

 

Résumé Des universités scientifiques coopèrent en France en un réseau pour la réalisation d'une collection de produits multimédia couvrant l'ensemble des enseignements des deux premières années. L'histoire de ce réseau, l'état d'avancement du travail, son utilisation dans l'enseignement, l'évaluation du produit réalisé sont présentés d'abord. Puis, sera abordé l'état du travail en mathématiques, les modules déjà faits ou en cours d'élaboration. L'apport possible de ces outils pour l'enseignement des mathématiques, les diverses modalités d'utilisation seront montrées et discutées. Les problèmes techniques concernant les mathématiques seront abordés à la fin. 

 

Le Premier Cycle Sur Mesure : son histoire

Le réseau universitaire des centres d’auto-formation R.U.C.A.

Dans les universités scientifiques, le R.U.C.A., réseau de centres de formation ou d'auto-formation s'est constitué depuis 1987. Onze universités participent actuellement à ce réseau : Aix-Marseille1, Bordeaux 1, Grenoble 1, Lille 1, Nancy 1, Nice, Paris 6, Paris 7, Paris 11, Toulouse 3, Tours. Depuis 1991, une partie du travail du R.U.C.A. est fait par commissions disciplinaires (Mathématiques, Physique, Chimie, Biologie, Sciences de l'ingénieur, I.U.T)

Ces centres du R.U.C.A. d'abord essentiellement  tournés vers la formation continue ont élaboré depuis 1994 des logiciels et des ressources pédagogiques. Cette production était faite en concertation et les ressources échangées entre les différents centres ; elle s'accompagnait d'une réflexion sur les contenus. (Dès le début), bien qu'encore parcellaires, les produits ainsi élaborés ont été utilisés de plus en plus par les étudiants en formation initiale :

  • des outils de simulation d'appareils (l'oscilloscope…) permettent avant les travaux pratiques de préparer les séances utilisant ces appareils ;
  • des vidéos présentant des expériences sont mises à disposition des étudiants ;
  • des outils d'auto-évaluation sont utilisés par les étudiants lors de leurs révisions pour les examens.

La rénovation des premiers cycles universitaires

Le développement de la scolarisation et de la poursuite d'études ont permis l'arrivée à l'université de nouveaux publics et accru l'hétérogénéité des étudiants. Les enseignants - chercheurs sont souvent mal préparés pour faire face aux problèmes posés par la diversification des origines scolaires des étudiants. Les méthodes d'enseignement, les cours en amphi en particulier souvent inadaptés à ces publics, sont maintenus, en particulier pour des raisons de coûts de la formation. La France est un pays de forte tradition centralisatrice et toutes les universités enseignent suivant un cadre général fixé au niveau national. Le cadre légal a changé deux fois en dix ans : c'est un signe de difficultés importantes, non résolues actuellement. Très vite, les universités ont dû innover pour réduire le taux d'échec en premier cycle, par exemple en développant du tutorat. Des initiatives locales ont été prises sous l'impulsion d'équipes motivées, souvent avec des résultats intéressants. Mais le problème est d'étendre ces innovations à l'ensemble des publics.

Le Premier Cycle Sur Mesure

Les équipes enseignantes du R.U.C.A. ont participé ces dernières années aux différentes innovations pédagogiques et ont commencé une mutualisation de toutes les ressources pédagogiques disponibles dans les centres. Ce qui était élaboré dans un centre était mis à disposition dans les autres. Toutefois, les logiciels et les ressources, bien qu'innovantes et intéressantes, étaient très hétérogènes quant à leur forme et à leur contenu, et l'ensemble du programme des deux premières années n'était pas couvert.

Lancement du programme P.C.S.M.

Le R.U.C.A. a donc décidé en 1995 de lancer le projet Premier Cycle Sur Mesure, (P.C.S.M), pour couvrir de façon unifiée l'enseignement des deux premières années universitaires scientifiques. Cette initiative a reçu l'appui des Ministères de la Recherche et de l'Education Nationale sous forme d'un financement depuis 1997 et d'un suivi par un expert du ministère des travaux du R.U.C.A. concernant cette initiative.

Charte graphique commune

La première étape a été en 1998 une expertise par une entreprise spécialisée1 des produits logiciels déjà réalisés pour dégager les lignes communes et proposer une maquette nationale. Cette maquette a été discutée et amendée avant son adoption par l'ensemble du réseau, et l'ensemble du projet a pris le nom d'Université en Ligne.   

Université En Ligne

Une réalisation nationale

L'objectif est la médiatisation des deux années des premiers cycles en sciences pour la physique, les mathématiques, la chimie, la biologie et la technologie. Le travail est plus avancé en physique où l'ensemble du programme est presque couvert ; en mathématiques et en chimie, le travail est en cours depuis deux ans ; par contre, il débute en biologie.  Ces différences s'expliquent par l'histoire du R.U.C.A.

Une présentation est visible sur le site national et 600 heures de formation sont déjà disponibles en 1999-2000 dans cette phase de développement et d’évaluation, sous une présentation unifiée avec une charte graphique commune.  Les produits contiennent 330 animations (Flash), 410 vidéos et 600 simulations (Java). Les ressources peuvent être installées sur tout type de serveurs. Les questionnaires de l'Observatoire des Usages utilisent le langage CGI - PERL. Dans l'état actuel (en 2000), l'espace disque occupé par les modules produits est de 2 Go.

Cahier des charges : les produits doivent s'adapter à toutes les plates formes. En 1998, le choix des standards (HTML, JAVA,) a été décidé en commun, avec l'utilisation de langages et  de techniques multi plates-formes (html, javascript, java …) et de la maquette graphique commune. Ces contraintes sont très fortes car même la compatibilité totale des langages tels que javascript ou html n'est pas assurée par les différents navigateurs. D'autre part, une veille dans le domaine technologique est assurée et des évolutions ultérieures sont déjà en cours d'étude (XML …)

Quant à la conception pédagogique, le programme Université en ligne est conçu comme juxtapositions de modules indépendants et il permet d'extraire des unités qui peuvent être modifiables par les enseignants ou équipes pédagogiques en interne dans leur université, afin d'être intégrées dans différents parcours de formation.

Disponibilité : Pour cette année d'expérimentation, les modules ont été fournis gratuitement à vingt-cinq universités non productrices qui signaient une convention pour expérimentation. L'ensemble des modules doit être accessible gratuitement pour les étudiants inscrits dans les universités publiques.

Œuvre de collaboration, propriété collective de ses créateurs, l'université en ligne fera l'objet d'une cession de licence aux universités publiques ou aux entreprises d’éducation à distance françaises ou étrangères moyennant contribution. Une maintenance et une mise à jour régulière des ressources sont faites par le R.U.C.A.

Une réalisation coopérative avec pilotage unifié : depuis 1997, un comité de pilotage organise la répartition du travail chaque année entre les onze universités du réseau RUCA. Une université pilote la conception d’un module, les autres font l’analyse didactique critique des réalisations, proposent des compléments ou des modifications. Tous les centres possèdent une longue tradition d'utilisation de l'outil informatique dans l’enseignement et d’échanges de ressources.

Réalisation par des équipes plurielles : Les modules sont produit par des équipes comportant des pédagogues universitaires, des ingénieurs et techniciens pour la réalisation pratique ;  cela a conduit au développement de laboratoires régionaux universitaires de développement. Un certaine répartition des compétences permet d'organiser des formations (Flash …) et de faire appel à d'autres centres pour des réalisations (JAVA …)

Lien avec des industries de logiciel : les universités productrices font appel, au besoin, à des entreprises sous-traitantes, au niveau national pour la maquette, régional pour des problèmes informatiques spécialisés

Labellisation des contenus : vingt-cinq établissements d'enseignement supérieur expérimentent déjà ces ressources.

Un suivi de l'expérimentation est assuré en interne par un Observatoire des Usages piloté par le RUCA. Un Comité pour l'Évaluation externe, composé en partie de spécialistes en sciences de l'éducation, est garant de la démarche scientifique de l'observatoire des usages.

Deux questionnaires intégrés aux logiciels permettent de faire un suivi des utilisations : l'un questionnaire porte sur les remarques immédiates sur les pages consultées, et l'autre plus globalement sur le module travaillé. 

 

Modules en mathématiques

Les modules sont répartis suivant les recherches et expériences antérieures dans chaque université (Bordeaux, Le Mans, Lille, Paris 6, et Paris 7. Trois modules ont été déjà réalisés : espace vectoriel à Bordeaux, analyse (suites et fonctions) à Paris 6 et un module de transition lycée- université à Lille (logique, arithmétique et géométrie analytique). De nouveaux modules sont programmés : équations différentielles, fonctions de classe Cn, algèbre linéaire, intégration, mathématiques expérimentales.

Difficultés propres aux mathématiques

L'observation est absente. L'usage de films est encore peu répandu en mathématiques. La simulation (modélisation) dépend du domaine et est encore peu exploitée. Toutefois une réalisation remarquable sur les équations différentielles intègre de nombreuses applets. 

Les problèmes techniques sont liés au symbolisme mathématique qui n’est pas encore implémenté dans les navigateurs. Ces problèmes sont traités actuellement avec des techniques transitoires différentes suivant les équipes.  Ils portent sur la représentation et l'importance de ce symbolisme, la qualité typographique de la présentation, l'interaction avec les étudiants pour les réponses autres que numériques.

Problèmes d'écriture exploitant les possibilités du multimédia qui ne fait pas partie de la culture actuelle des auteurs. L'utilisation des animations JAVA et des possibilités de visualisation apporte de profonds changements dans la conception de la création de ressources. Comme avec les logiciels de calcul formel, la possibilité d'expérimentation en mathématiques est encore dans sa phase initiale.

Problèmes rencontrés

Une partie des problèmes sont liés à l'ampleur de la réalisation du programme Université en ligne qui amènent les auteurs à se confronter à tous les problèmes posés par les questions d'innovation et d'évolution des modèles de formation en débat à l'heure actuelle.

Problèmes de l'intégration des technologies dans le cursus classique.

Les modules d'Université en ligne ne sont pleinement efficaces que comme outil au service des enseignants (films et animations faciles d’accès) et des étudiants avec tutorat d’accompagnement. La possibilité pour un enseignant de faire un usage partiel des ressources, de les modifier pour les intégrer à ses propres cours est un point essentiel. 

Problème de guidage.

Lorsque les enseignants donnent un travail personnel précis à réaliser sur les ressources, celles-ci sont plus efficaces et touchent alors l'ensemble des étudiants. Les modalités de guidage, au delà des guides d'études déjà réalisés sont à penser et à développer. Comment donner aux étudiants des fils conducteurs efficaces, adaptés à leurs différentes stratégies d'apprentissage ? Comment concilier guidage et développement de l'autonomie de l'étudiant ? Intérêt de l’outil multimédia. Pour les étudiants, cet outil signifie un travail à leur rythme, un tutorat individualisé pour le travail personnel, des possibilités de visualisation et de simulation en mathématiques pour une découverte des concepts et le développement d'une meilleure intuition. 

Création de services.

Les services personnalisés aux étudiants sont encore à concevoir, par exemple pour un usage des ressources pour des remises à niveau. Problème de l'intégration des ressources dans des plates-formes d'enseignement permettant à terme de combiner un travail présentiel avec les enseignants et un accès à distance à des ressources pour le travail personnel. Cette réflexion est essentielle face à une vague libérale qui, sous le vocable d'industrie de la connaissance, présente les secteurs de l'éducation comme un nouvel eldorado générateur de profits.

Conclusion 

La richesse de l’expérience pour les producteurs les incitent à poursuivre leur œuvre malgré les problèmes rencontrés tant dans la conception et la réalisation des produits que dans leur intégration dans l’enseignement. Ils ont conscience d'être  au début d’un long processus, à la fois de travail en commun avec des enseignants qui ne sont pas spécialement intéressés par le multimédia, à la fois de rénovation des enseignements avec la nécessité d’apporter des outils conviviaux qui soient réellement un plus pour l'individualisation des enseignements et une meilleure réussite des étudiants en les aidant à comprendre le sens de la démarche scientifique.  

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Published by Eliane Cousquer - dans travail collaboratif
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